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Les deux sièges de Saint Germain en Bugey

Par sa position stratégique, son importance politique et militaire, le château de Saint Germain a connu plusieurs sièges dont deux ont été documentés en 1282 et 1321.

Le siège de 1282

Les comtes de Savoie, devenus maîtres de la Bresse depuis le mariage du futur Amédée V avec Sybille de Bâgé, convoitent ces terres qui leur permettraient d'assurer la cohésion entre celle-ci et leurs possessions en Bugey.

Humbert de la Tour devient Dauphin du Viennois par sa femme Anne. Epousée en 1273, elle était en effet la sœur du Dauphin Jean Ier).

Humbert Ier ajoute en effet au territoire delphinal ses terres du Viennois et des droits théoriques sur l'ancienne manche de Coligny, territoire situé aux confins de la Bresse et du Bugey.

Les deux principautés se retrouvent désormais systématiquement concurrentes dans leur expansion respective. Ce qui fait qu’en Viennois, en Bresse et en Bugey, les possessions de la Savoie et du Dauphiné sont tellement entrelacées que l'accession, en 1281, d'Humbert de la Tour-du-Pin à la tête du Dauphiné met le feu aux poudres.

S’en suit la guerre bourguignonne (1283-1286), le Duc de Bourgogne réclamant lui aussi la succession du Viennois.

Et dans la région d’Ambérieu en Bugey, devenue dauphinoise, le château de Saint Germain gêne le comte de Savoie qui ne peut se rendre librement du Bugey savoyard à la Bresse savoyarde. 

Ce qui fait qu'il se retrouve ainsi, de 1282 à 1355, au cœur des plus grandes opérations militaires qui opposent le comte de Savoie au Dauphin du Viennois et à ses alliés dans la région.

Peu de choses nous sont connues sur le siège de 1282, en dehors des renseignements fournis par un compte de châtellenie de Saint Triviers en Courtes.

En voici la traduction réalisée par Alain Kersuzan : « De même pour le salaire des charpentiers qui ont préparé avec Guyot d’Oyselers, deux engins qui étaient à Saint Trivier et qui furent portés au siège de Saint Germain selon les détails inscrits dans la cédule annexée ici : 4 livres, 14 sous, 4 deniers. »

On sait donc que deux puissantes machines de siège (sans doute des trébuchets) furent apportées en pièces détachées depuis Saint Triviers de Courtes en 1282.

Depuis Saint Rambert en Bugey, savoyard, le comte Philippe de Savoie organisa sans doute des opérations qui amenèrent à la prise du château de Saint Germain en 1282.

Le comte de Savoie est victorieux et des hommes libres du Dauphin ont été faits prisonniers et libérés, comme c’était l’usage, contre rançon.

Le château resta savoyard jusqu’en 1286, date à laquelle il dut être rendu par Traité.

 

Le siège de 1321

Dès 1321, une chevauchée ravage pendant deux jours les terres de Lagnieu, puis un trébuchet est installé sous les murs d’Ambérieu. Le bourg est pris après deux jours de siège et incendié. Le grenier des moines d’Ambronay (actuelle mairie) est épargné.

Le comte de Savoie convoque une partie de ses troupes et des engins de guerre à Belley. Cette position, à mi-distance de deux zones de conflit avec le Dauphin (Saint Rambert et la Novalaise) avait été choisi afin d’introduire le doute, chez les espions dauphinois, sur la direction qu’allait prendre l’armée.

Le château de Pont d’Ain reçoit des renforts. Ambronay sert de dépôt d’engins (protégés par des javelles de paille).

L’armée savoyarde reçoit des renforts de la Bresse (dont des troupes de Chatillon sur Chalaronne et de Saint Laurent les Macon) et descend la vallée de l’Albarine pour arriver à Saint Rambert.

Edouard de Savoie, fils du comte Amédée V, aidé de plusieurs grands vassaux du Comté de Savoie, met le siège devant le château de Saint Germain en 1321.

Les engins de siège apportés en pièces détachées depuis Ambronay, Saint Rambert et Pont d’Ain sont montés devant la façade orientale du château. Les toitures et les fenêtres créneaux des bâtiments sont très rapidement détruites ainsi que les courtines de la haute-cour. La grande tour est elle aussi endommagée.

La cinquantaine de défenseurs est motivée et elle bombarde en retour les troupes du comte depuis le château. Le cheval noir d’Edouard et celui du bailli de Bresse sont notamment blessés.

Malgré tout, le château ne semble pas pouvoir résister et le 19 Août 1321, les défenseurs négocient une trêve de quatre jours, à l’issue de laquelle le château sera remis si aucun secours ne leur est donné. Comme garantie, 26 otages dauphinois sont gardés sans liens car ils sont nobles dans le château de Saint Rambert.

Pendant cette trêve, le comte de Savoie attaque Saint Sorlin, brûle Ambutrix et prend la batie du Pont de Chausson, alors construite en bois (tour de Saint Denis).

Les renforts n’arrivent pas, malgré une tentative du Dauphin de regrouper une armée de secours à Crémieu et à la Balme et le château devient savoyard. Le Dauphin arrive trop tard, le 5 Septembre, à Lagnieu puis Saint Sorlin déjà ravagés.

Dès le mois de Septembre, le comte fait réparer le château. En 1322, un bourg neuf est installé dans la vallée (actuel Saint Germain).

Avec la perte du château, le Dauphin Guigue VII perd du même coup des moyens militaires et financiers très importants (droits sur les habitant d’Ambérieu et de la région, le grand péage, le flottage du bois sur l’Albarine et la libre circulation de ses alliés de Thoire).

Il ne parviendra jamais à mettre sur pied une armée pour reprendre le château et en appellera même à l’arbitrage du Pape (Jean XXII)  et du roi de France (Philippe V) pour contraindre le comte de savoie à lui rendre le château.

Les comtes de Savoie Amédée V, Edouard et Aimon, ne céderont jamais. Ni les trêves ni les menaces d’excommunication ne rendront ce lieu, stratégique pour la maison de Savoie, négociable.

En 1329, un accord intervient entre les deux belligérants pour que le roi de France Philippe VI de Valois soit arbitre du conflit dans la région. Le comte de Savoie consent à la mise sous séquestre de Saint Germain et de sa châtellenie par le roi.

Mais le Dauphin, estimant que Saint Germain est à lui, refuse de donner un autre château en garantie de la trêve. Malgré un an de négociation, rien n’aboutit et en Janvier 1330, le roi de France rend le château de Saint Germain au comte de Savoie.

Beaucoup de nobles dauphinois ont perdu leurs terres et leurs maisons fortes par la prise de Saint Germain comme le sire des Balmettes, le chevalier de Tiret, la maison forte de Leyment, les Iles de Jean de Buenc. Le Dauphin est obligé de les indemniser.

Maitre de la région, le comte de Savoie va supprimer la charte de franchises d’Ambérieu donnée par le sire de la tour du Pin en 1277. Il interdit la reconstruction des murailles et supprime les deux foires annuelles. Les habitants d’Ambérieu deviennent ainsi victimes de l’arbitraire seigneurial en étant réduits à l’état de serfs.

Le Dauphin Guigue meurt en 1333, tué par un carreau d’arbalète en pleine tête, au siège du château de la Perrière en Isère (38).

Son frère Humbert II va lui succéder. Par le traité de Chapareillan, dans le Grésivaudan, le Dauphin va négocier en abandonnant définitivement tous les droits sur le château de Saint Germain  et en livrant la batie des Allymes à la Savoie.

 


 Source:

- Panneau situé sur le site

- Thèse de Nicolas Payraud : "Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle". 2009.

Posté le 13-01-2016 19:50 par Jimre

Saint Germain en Bugey

Sur la commune d'Amberieu en Bugey, au débouché de la vallée de l'Albarine et sur la route qui mène à Virieu le Grand, se dresse le château en ruines qui, au XIIe siècle, appartenait aux Coligny, puis dans la suite et successivement aux la Tour du Pin, comtes de Savoie, Trocu, Estienne, de Suduyrand et Buynand.

On parle de Saint Germain ici aussi...

Sources:

Archives-numerisees.ain.fr


Photos:

- Jimre (2012, 2015)

Posté le 17-11-2013 11:14 par Jimre


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