Cliquer ici pour accéder aux photos liées au chateau

Retour à la liste des châteaux du département "Ain"

La Poype des Fées

Dans la région de la Bresse et de la  Dombes, poype ou chatelard sont des termes utilisés pour désigner des élévations de terre. Certains villages tirent leur nom de ces désignations comme par exemple Rillieux la Pape (probablement issu de Rillieux la Poype) ou la Chapelle en Chatelard.

Poype vient du bas latin « puppia » évoquant l’idée d’un renflement qui en latin populaire est devenu sein ou mamelle.

Dans d’autres régions, ces termes correspondent en fait à la motte castrale dont de nombreux villages tirent leurs origines.

On a souvent pu confondre certaines mottes avec des tumulus d’origine celtique ou romaine et peut-être les celtes se servaient-ils de ces tertres comme postes d’observation. Mais plus certainement, la création de ces mottes s'est faite aux débuts de la féodalité. 

La célèbre tapisserie de Bayeux a permis de visualiser ce type de construction avec des représentations de Dol, Dinan ou Rennes, à l’époque de Guillaume le Conquérant.

Dans la plupart des cas, ce sont des élévations artificielles créées avec les remblais issus du creusement des fossés qui les entourent et qui portent à leur sommet une tour.

Les contours des zones isolées par les fossés remplis d’eau sont protégés par des palissades de pieux en bois. La tour domine alors le paysage dans une région au relief souvent plat. En bois ou en pierre, elle sert de refuge au châtelain en cas d’attaque.

Les fossés isolent la motte qui est seulement reliée à la basse-cour, elle-même entourée de fossés, par une passerelle en bois, que l’on peut facilement retirer. La tour a presque toujours son entrée située en hauteur, accessible par une échelle rétractable en cas de problème.

Mais les inventaires des propriétés du Moyen-Age ont montré que fréquemment, ces constructions se faisaient dans des zones de pouvoir diffus, notamment les zones de défrichement ou de colonisation agraire, ou même de pouvoirs rivaux. Elles se trouvaient à proximité des voies de communication et avaient comme fonction la protection mais aussi la perception des droits de péage liés à l’exercice du droit seigneurial du détenteur d’un château à motte. En clair le seigneur de la terre affirmait son pouvoir sur un territoire en implantant un château, installant ainsi le système de la féodalité.

A la page 36 du Tome I des « Recherches historiques sur le département de l’Ain (1838-1844) », menées par Agricol de la Teyssonnière, nous pouvons lire :

« La poype qui était dans la commune de Buellas(située non loin de Bourg en Bresse), était entourée de fossés et au milieu d’un grand pré. Le propriétaire de cette poype l’a fait détruire(…). Les habitants du pays disaient que des fées faisaient leur demeure sur cette poype, qu’elles allaient à la messe à l’église et qu’on reconnaissait dans les chènevières la trace de leur sentier de messe ; le chanvre y était jaune ».

Pourquoi une reconstitution :

Les poypes sont nombreuses dans l’Ain, où l’on en dénombre encore 150 au début du XXe siècle. De nos jours, elles sont rarement accessibles en raison des constructions successives sur les sites et de la modernisation de l’Environnement. En fait, elles sont souvent à peine perceptibles dans le paysage.

Il faut dès lors être initié pour pouvoir les repérer et les interpréter. Par exemple on a du mal à discerner la poype de Villars les Dombes sous le couvert des arbres qui la recouvrent.

La reconstitution rend alors une lisibilité totale et fait de la « Poype des Fées » un véritable outil pédagogique.

Chronologie de la reconstitution :

1989 : Michel Curial, historien archéologue local, met sur pied un projet qui lui tenait à cœur depuis l’enfance : reconstituer, à Buellas, une poype à l’image de la Poype des Fées.

1990 : L’association « Vigne blanche », nécessaire  à la réalisation du projet, voit le jour. La commune met un terrain à sa disposition, à quelques centaines de mètres de l’emplacement de l’ancienne poype.

1992 : creusement du fossé et érection de la motte de terre.

1996 : Après un temps de stabilisation des sols et un aménagement paysager progressif, les chantiers éducatifs de la Sauvegarde de l’Enfance exécutent les palissades en pieu d’acacia.

1997 : « Vigne blanche », poursuivant d’autres projets, passe le relais à une nouvelle association : « Patrimoine de Buellas ».

2001 : La tour sommitale est réalisée sous la maitrise d’ouvrage de la commune de Buellas, avec la maitrise d’œuvre et le concours de MM. Debat, architecte des monuments de France, Cattin, directeur des Archives départementales de l’Ain, et Poisson, professeur d’ »Histoire et Archéologie » à l’Université Lyon II. Les travaux ont été confiés aux chantiers éducatifs de la Sauvegarde de l’Enfance, et « Patrimoine de Buellas » assure les travaux annexes, la présentation et l’entretien du site.


Source :

-Article écrit en grande partie avec l’aide des panneaux situés sur le site


Photos :

-Jimre(2014)

Posté le 11-08-2014 16:55 par Jimre


  • - Cette galerie d'images charge des photos en nombre et en taille variable. Veuillez patienter jusqu'à la fin de leur téléchargement afin de les afficher.
  • - N'hésitez pas à cliquer sur une image réduite, vous pourrez ainsi afficher une photo de plus grande résolution.
  • - Il est possible de lancer un diaporama de cette galerie de photos en lançant la lecture grâce à ce bouton : .
  • - Les boutons + et - permettent de régler la vitesse du diaporama et il est possible de le mettre en pause.
  • - Les boutons next et previous permettent de changer d'image, en affichant respectivement l'image suivante ou l'image précédente.