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MEYRARGUES


Le Château de Meyrargues aujourd’hui

L’histoire du Château de Meyrargues s’identifie bien évidement à celle de la seigneurie et de la commune, et s’articulant autour de trois familles célèbres celle des Baux, d’Allagonia et de Valbelle. Notons toutefois que le château fut un temps transformé en entrepôt d’amandes par un négociant aixois qui s’en rendit acquéreur en 1897 et qu’il est actuellement devenu une luxueuse hostellerie.

La construction primitive date du IXème siècle ou du Xème siècle, mais a subi de très nombreuses modifications à plusieurs époques, notamment au cours des XVème et XVIIème siècle. Elle se présente juchée sur une hauteur dominant le village en forme d’étoile irrégulière et est flanquée de tours carrées. Elle garde, aujourd’hui encore sa lourde structure de forteresse. La tradition populaire lui attribuait autant de fenêtres qu’il y a de jours dans l’année, étant donné son importance et sa masse.

Un grand escalier de pierre permet d’accéder à une vaste terrasse, tandis que les deux ailes, puissamment assises sur le roc, accentuent encore l’aspect monolithique de l’ensemble.

Le Château et son parc figurent à l’inventaire de Sites inscrits depuis le 10 avril 1952.

               

Toponymie et histoire  

L’étymologie de Meyrargues est controversée entre les tenants de « Marie-Agger », c’est-à-dire camp de Marius, général romain vainqueur des Cimbres et des Teutons dans la plaine d’Aix-en-Provence au IIème siècle avant J.C. et ceux qui, plus modestement et plus vraisemblablement, affirment, d’après certaines études, que le nom du village provient du possesseur primitif de la terre du seigneur. C’était donc une propriété privée qui portait le nom du propriétaire, suivant en cela l’usage romain. Il est donc logique d’admettre que Meyrargues n’échappe pas à cette règle et que le nom se soit transformé au fil du temps (Dr Foussenq : Meyrargues 1913).

La racine du mot est tirée du nom propre de Meyran ou Mairan, nom de famille très répandu à l’époque.

MAIRANIGA, au XIème siècle

MEYRANIGAE, puis Castrum de MEYRAN aux XIV et XVème siècles

Quoi qu’il en soit, l’histoire de Meyrargues commence véritablement sous la Rome Antique. En effet, pour alimenter Aix en eau (Aquae Sextiae), les romains avaient construit un réseau hydraulique constitué d’aqueducs et de conduits couverts qui captaient l’eau de la source de Traconnade qui se trouve sur la commune de Jouques. A proximité et quasi parallèlement au tracé, avait été également construite une route, reliant Aix à la Durance, surveillée par des postes de garde. Ces deux tracés se situent aujourd’hui sur le territoire de notre commune.

Une stèle funéraire trouvée au château indique certainement sur le site la présence d’une garnison.

Dans le vallon des Arcs (après le cimetière), en allant aux gorges du Ligourès, les vestiges d’aqueducs classés monuments historiques depuis le 7 novembre 1922 restent visibles aux visiteurs comme aux Meyrarguais.

L’aqueduc de Traconnade, le plus important de la région aixoise par sa longueur, amenant les eaux de Jouques à Aix (vestiges à Reclavier et au pas de l’Etroit, au sud du village), ainsi qu’une chaussée reliant Meyrargues à la Durance.

L’histoire du village commence seulement au Xe ou XIe siècle(les premières traces écrites de son existence remontent au XIème siècle), autour du Château, édifié sur le site actuel du château sur une colline boisée dominant la plaine de la Durance entre le vallon des Arcs et l'actuel village.

Le premier seigneur connu de Meyrargues s’appelait Hugues des Baux, sa famille régna pendant 235 ans. En 1291, Hugues III de Beaux, pressé par d’impérieux besoins d’argent, céda son bien au comte de Provence, Charles II, avec des droits et revenus y attachés Meyrargues passa ensuite aux mains de plusieurs propriétaires :

- 1325 Robert le Bon.

- 1347 à 1352 Louis de Tarente, époux de la reine Jeanne.

- 1352 à 1362 Guillaume-Roger, comte de Beaufort.

- 1362 à 1394 son fils Raymond de Beaufort, vicomte de Turenne

- 1399 Jean le Meingre-Boucicaut, puis son fils Geoffroy, dépossédé en 1427 pour cause de félonie.

Revenu au fief royal, le fief ensuite attribué en 1442, par donation du Roi René, à la maison d’Allagonia qui allait le conserver jusqu’en 1637, soit durant deux siècles.

En outre, il est à noter qu’en 1308 le château fort sert de prison pour 27 templiers arrêtés sur ordre du roi dans leur commanderie du Bayle (commune de Saint Antonin).

A la fin du Moyen Age en 1442, le roi René fait don de la seigneurie, pour services rendus, à la famille d’Allagonia. Ceux-ci ajoutent quatre tours défensives. Les Allagonia en resteront propriétaires jusqu’en 1637.

Lors de la guerre de religion, Meyrargues n’échappa ni aux pillages ni aux destructions et ce à deux reprises, en 1589 et 1594, du fait des troupes royalistes. Après le traité de Vernins (1598), mettant fin au conflit Franco-Espagnol, Louis d’ Allagonia, seigneur de Meyrargues suspecté d’avoir participé à un complot contre Henri IV, fut décapité à Paris en 1605. Son frère Honoré lui succéda un an plus tard dans sa Seigneurie, mais n’eut pas de postérité de son épouse Isabeau de Forbin, fille de Palmède, Seigneur de la Barben. Par acte testamentaire daté de 1637, il transmit ses biens à son parent Léon de Valbelle, fils de Barthélémy, Seigneur de Cadarache, qui repris ses armes.

1648 – 1653 : Troubles de la Fronde

1650 : Destruction partielle du Château, qui est reconstruit et réaménagé par les Valbelle.

1720 – 1722 : Dernière épidémie de peste recensée en France. Meyrargues connaît d’importantes pertes.

Les Valbelle conservent la succession jusqu’en 1778.En effet, à la veille de la révolution, la Marquise de Valbelle ayant survécu à ses enfants, légua tous ses biens à Louis de Causini, bâtard de son fils, le Marquis Joseph-Alphonse-Omer de Valbelle.

Celui-ci mourut sur l’échafaud en 1794, à Marseille, pour avoir prêté main forte à la contre révolution à Lyon.

L’une de ses filles née de Félicité de Geoffroy d’Antrechaux, porta l’héritage dans la maison d’Albertas (branche italienne, dite de Meyrargues), après restitution de ses biens 1826.

En 1801, l’héritière des de Valbelle (Albine), épouse Félix d’Albertas issu d’une vieille famille provençale d’origine italienne. Le château restera patrimoine des Albertas jusqu’en 1939, puis aura plusieurs propriétaires privés mais la famille d’Albertas reste propriétaire de nombreuses terres jusqu’à nos jours.

D'importants remaniements lui font perdre peu à peu son aspect de forteresse.

De nombreuses fenêtres éclairent les appartements, qui sont redécorés, la cour intérieure est transformée en terrasse par la destruction de l'aile ouest.

Aucun document illustré antérieur au XVIIIème siècle ne nous est parvenu, pour restituer l'aspect du château de l'époque féodale.

Le château et son parc figurent à l'inventaire des sites inscrits depuis le 10 avril 1952.

Le mur de la "Garenne" est construit en 1764.

1952 : Le Château est transformé en Hôtel.

1992 : Le Château est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.


Mieux comprendre les armoiries de Meyrargues                                      

Le blason a été créé en 1964, proposé par M. Paul Gouirand, ancien Maire, chevalier de la légion d'honneur.

Après de nombreuses recherches et enquêtes, il s'est avéré qu'aucun blason ancien de la commune de Meyrargues n'existait.

Meyrargues a échappé à l'enregistrement d'armoiries de 1696-1701, ainsi que De Bresc le précise d'après le manuscrit de l'armorial général de France à la bibliothèque nationale de Paris.


Par contre, de nombreux blasons des familles qui, sous l'ancien régime, tinrent cette seigneurie, leur étaient particuliers et propres. Dans leur multitude, trois familles ont été retenues pour composer le blason :

-          Les Baux: les plus célèbres, les plus anciens, portaient de gueules (rouge) à l'étoile à 16 ou 8 rais d'argent, blason prestigieux, simple, mais très beau.

-          Les Allagonia: portaient d'argent à six tourteaux de sable. La seigneurie de Meyrargues fut donnée à cette famille par le Roi René en 1442 en récompense et pour faits de guerre.

-          Les Valbelle: célèbres, portaient d'azur au lévrier d'argent colleté de gueules. Le lévrier doit toujours être debout, toujours tourné vers la gauche.

On remarque qu'alliant les couleurs que portaient ces trois familles :

- de gueule (rouge) pour les Baux

- d'argent (blanc) pour les Alagonia

- d'azur (bleu) pour les Valbelles

Celles-ci auront permis de créer un blason ayant les mêmes couleurs que notre emblème national, le drapeau tricolore : bleu, blanc, rouge.

A la mémoire de son grand-père, le comte Omer de Valbelle (1729-1778), marquis de Rians et Baron de Meyrargues, inscrit sur le piédestal de l'obélisque (érigée dans la cour du château du comte de Valbelle à Tourves dans le Var) la devise:

"CONSERVES MA DEVISE, ELLE EST CHERE A MON COEUR.

LES MOTS EN SONT SACRES, C'EST L'AMOUR ET L'HONNEUR."

Cette devise figure sur le blason de Meyrargues.


A visiter également

En dehors des aqueducs et du château, il convient de signaler l’église actuelle de style grec qui n’est que la transformation d’une petite chapelle. C’est entre 1532 et 1540 que cette dernière subit les agrandissements nécessaires pour devenir l’église paroissiale actuelle comprenant trois nefs et un chœur.

Dans son sous-sol, se trouvait le caveau des seigneurs de Meyrargues « les Valbelle », aux XVIème et XVIIIème siècles, qui fut profané en 1794.

Deux siècles plus tard, en 1737, l’édifice s’étant effondré on le reconstruisit sur le même emplacement. L’église de tout temps fut dédiée à saint André. Le 26/10/1868 (sous Napoléon III), don par le ministère des beaux-arts d’un tableau signé Marzochi représentant la vierge et sainte Catherine de Sienne. A l’intérieur se trouve également une vierge en bois doré très ancienne. En 1900, ont été placées la rosace au-dessus de la porte d’entrée et la croix en pierre d’Arles qui surmonte le pignon.

Anecdote: C’est sur la place de l’église qu’une des plus vieilles coutumes Meyrarguaises se réalisait avec l’élection du « Roi de la pétouze ». Cette institution s’est perpétuée jusqu’à la Révolution. Le 26 décembre de chaque année, on procédait dans l’église au lâcher d’une «pétouze» ou roitelet. Celui qui s’en emparait l’offrait vivante à la dame du seigneur et était proclamé sur le champ « Roi de la pétouze ». Ce titre lui conférait d’office la présidence des fêtes pour toute l’année.

A noter également deux chapelles : la chapelle Notre Dame des prés communément appelée « la mère de dieu » près du château, ancien lieu de procession,  l’autre à l’entrée nord du village (chapelle Saint Sébastien).

Au centre du village se trouve une colonne érigée en l’honneur de notre dame de Lourdes. C’est à la suite d’une mission que fut construite, en 1740, cette colonne de pierre en bordure de l’actuelle route nationale 96, surmontée à l’origine d’une simple croix de bois à son sommet.

En 1877, pour clôturer une mission prêchée par les R.P. Garnier et Lamblin, oblats de Marie Immaculée, on plaça au sommet de la colonne une statue de notre dame de Lourdes en remplacement de la croix.

Sources :

- Article écrit par Jean DEMENGE pour le site www.meyrargues.fr

- Article paru sur le site chateaudemeyrargues.blogs-de-voyage.fr

d'après « Châteaux et Bastides du Pays d’Aix » de René BORRICA.

- Le site du château de Meyrargues


Posté le 12-11-2011 15:30 par Jimre


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