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Surieu

Surieu est un site perché à une centaine de mètres au-dessus de la vallée de la Sanne, rivière de direction est-ouest qui prend sa source non loin de Montseveroux et se jette  dans le Rhône entre Le Péage de Roussillon et Chanas, vers Salaise sur Sanne. Il s’intègre, au flanc du plateau de Bonnevaux dans la commune actuelle de Saint Romain de Surieu et dans l’arrondissement de Vienne, en Isère. 

Ce site, ancien castrum est connu des promeneurs  pour sa grosse tour ronde et son église rénovée depuis qu’une communauté de Carmélites s’est installée là il y a 30 ans. A cette occasion d’ailleurs des fouilles de sauvetage ont eu lieu en 1982-1983. Une étude, rédigée par la suite sur ces fouilles est disponible sur le site internet de « Persee »  et sert de base à notre article. 

Nous vous conseillons d’aller voir l’étude qui a permis notamment de mettre au jour des silos et un four de potiers avec son chargement. 

« C’est au début du Xe siècle qu’apparaissent deux mentions de Surieu :

-En 908, l’archevêque de Vienne, Alexandre, donne la permission à son féal appelé Frodac, de bâtir une église à Notre Dame sur son propre fonds, en un lieu dénommé « in Auromonte ». Il lui donne en même temps la dîme de Surieu que Frodac tenait de Saint Maurice et d’autres taxes pour l’entretien du luminaire des clercs. Il n’est pas évident que cette église soit celle de Surieu. Un légende tenace rapporte que Frodac, jaloux, avait enfermé jusqu’à leurs mort sa nièce et son mari dans la grosse tour de Surieu.

Vers 1075, Pons, surnommé Hector, restitue à l’abbaye Saint Pierre de Vienne des églises qu’il avait eu en sa possession, dont la chapelle de Sainte Marie, dans le château de Surieu, en dehors du château l’église paroissiale de Saint Romain, ainsi que d’autres églises aux environs proches.

Cette restitution est importante car elle prouve que la chapelle et l’église paroissiale avaient été bâties avant l’usurpation laïque. La suite de la charte nous apprend que ce même seigneur donne pour le bien de son âme et pour sa famille, un grand jardin où les moines de Saint Romain pourront prendre le bois nécessaire pour se chauffer, pour édifier et clore leur prieuré et leur jardin, planter leurs vignes.

La famille de Surieu entre dans la vassalité de l’église de Vienne au XIIIe siècle. En Mai 1237, le chevalier Guillaume de Surieu cède au chapitre de la cathédrale Saint Maurice ses possessions dans les paroisses d’Assieu et de Sonnay, un moulin situé au-dessous du château de Surieu et le bois des Garins, sous le cens de 10 livres viennoises.

A cette date, Artaud de Roussillon cautionne l’acte de soumission de Guillaume de Surieu, mais une trentaine d’années plus tard, Artaud donne à son fils Guillaume plusieurs de ses biens dont le château de Surieu. C’est donc au milieu du XIIIe siècle, sans que nous sachions pourquoi, que la famille de Surieu perd ses possessions et la lignée des Surieu disparait au milieu du XVe siècle.

Au XIVe siècle, le mandement de Surieu va se réduire à Surieu même et à Assieu. Par héritage direct ou collatéral, Surieu se maintient dans la succession de la famille de Roussillon durant un siècle. Puis les terres de Surieu ainsi que le château sont vendues plusieurs fois jusqu’à ‘à la révolution.

Entre 1075, date à laquelle a lieu la restitution de biens du dénommé Pons, et le parcellaire de 1641, l’évolution de la seigneurie et du du mandement reste difficile à cerner. Un changement s’effectue vraisemblablement début XIVe siècle lors du partage de la seigneurie de Surieu entre les Sires de Roussillon-Annonay et les Sires d’Allins (Illins ?).

Fin XVIe siècle figure dans les textes, le double intitulé de mandement de Surieu et de Terrebasse pour les textes de Saint Romain et de la Chapelle, tandis que les fonds de Surieu et d’Assieu sont sis uniquement dans le mandement de Surieu.

La chapelle  de Surieu ne devient église paroissiale que très tardivement, en 1887, après restauration. Antérieurement, son emplacement, son statut, font penser à une chapelle castrale. Nous avons vu que ce lieu de culte est mentionné en 1075 et il se peut que la construction citée « in Auremonte » soit bien sur le site de Surieu, ce qui nous mènerait au début du Xe siècle. Elle conserve d’ailleurs déposé à l’intérieur de ses murs des témoignages importants d’une construction médiévale : un très beau chapiteau de pilastre, un corbeau décoré d’une tête de personnage remarquablement sculpté. La façade possède plusieurs remplois sculptés de visages ou d’entrelacs. Par contre, les élévations intérieures et extérieures de la nef et de l’abside sont modernes ou datent de la restauration du XIXe siècle. La travée de chœur parait être la partie la plus ancienne, mais rien ne prouve que ces élévations soient celles du bâtiment du IXe siècle…

Le cadastre datant de 1641 nous précise les mensurations et l’estimation des fonds du mandement. Il a pour origine la décision de l’arrêt royal de 1636 en vue d’un dénombrement des biens dans le Dauphiné. Dans ce parcellaire, sont mentionnés les biens des différents possesseurs en indiquant la qualité du fond, les limites des terres suivants les quatre points cardinaux, leurs surfaces et enfin la taxe foncière. L’analyse du parcellaire permet la reconstitution de la physionomie de Surieu au XVIIe siècle. On mentionne les murs de l’enceinte sur trois cotés (au nord, à l’est, à l’ouest et une petite partie au sud-est). Du coté méridional de la parcelle tenue par le sieur de Gorces, dans Surieu, la mention de mur ou barrière n’apparait pas. Cette portion de rempart avait donc déjà disparue. Il est à noter que le terme de Surieu n’indique pas seulement la surface intérieure des remparts. Il s’applique aussi pour trois vastes parcelles au nord des murs, le long du chemin descendant vers la rivière de la Sanne…

Toutes les maisons sauf une citées dans le parcellaire existent encore et cette photographie du site livre un témoignage de l’économie rurale avec les jardins attenants aux maisons et des jardins particuliers aux abords des remparts.

Parmi les propriétaires se distingue le sieur de Gorces, qui possède deux grandes parcelles. Il est nommé sire, même s’il reste roturier et habite la plus belle maison de Surieu : « le château ». Cette dénomination particulière subsiste jusqu’à la mort d’Alexandre Pérouse en 1742.

La plupart des habitants sont agriculteurs mais on trouve également un maréchal, un cordonnier, des hôtes et des hôtesses, un notaire, ce qui laisse à penser que Surieu a gardé une activité économique, même si il y a eu déplacement de l’habitat vers les villages de Saint Romain et de La Chapelle dans la vallée de la Sanne avec développement de l’agriculture et création de moulins. »

Sources:
- Etude archéologique sur Persee

Photos:
-Jimre (2014)

Posté le 10-11-2014 13:39 par Jimre


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