Leotoing

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Leotoing

Le château:

Au Nord de Massiac, on peut admirer les importants vestiges du château. Cet édifice dominant l'Alagnon de 150m, appartenait aux Dauphin d'Auvergne. De ses abords, une jolie vue se dégage sur les Gorges de l'Alagnon, le Cézallier, la Limagne de Brioude, le Livradois, le Plateau de la Chaise-Dieu et les Monts du Velay.

Si la prospection archéologique révèle une occupation gallo-romaine importante dans la régiondès le début de l'ère chrétienne, le plus ancien cadre administratif que nous connaissons reste celui des paroisses, mis en place à partir de l'époque mérovingienne. Issue de la paroisse primitive de Blesle, la création de la paroisse de Léotoing peut être datée du IXe siècle.

Le nom et la seigneurie de Léotoing tirent leurs origines d'une branche cadette de la famille de Mercœur. La première implantation d'un lieu fortifié se fait au XIe siècle, vers 1060. Dès la fin du XIe siècle, Anthoine de « Lauthon » puis ses frères et ses héritiers imposent leur autorité sur de nombreux fiefs voisins.

Vers 1240, la seigneurie se scinde et les cadets s'installent à Montgon qui devient le fief principal de la branche des Léotoing-Montgon. 

Le château n'occupe alors qu'une motte délimitée par un fossé, située approximativement au point le moins élevé du site, aux alentours du cimetière. À la suite de dissensions au sein de la famille comtale d'Auvergne, Léotoing fait partie des fiefs donnés par jugement royal à Robert Dauphin, comte de Clermont qui les lègue à son fils Hugues au début du XIVe siècle.

La marque des Dauphin

En 1261, les Dauphin donnèrent au château seigneurial un nouveau visage, une forte tour maîtresse et ses annexes furent édifiées en aménageant une terrasse sommitale sur le piton rocheux voisin. La motte primitive est arasée et l'ancienne basse-cour, close de murs, donne naissance au village avec son église paroissiale.

En 1264, les habitants reçoivent une charte de franchises et de privilèges en échange de prestations de services militaires et les fournitures au bénéfice des Dauphin et de leurs suites. Une de ces franchises leur permet d'avoir l'usage du four banal, ils sont exemptés de taille et de corvée à la condition de relever l'enceinte partiellement écroulée et de l'entretenir. Ils doivient en outre assurer la garde et nourrir sa suite lorsque le Dauphin séjourne au château.

Vers 1365, un autre Robert Dauphin renforça les défenses du château afin de dissuader toute attaque éventuelle. Ce fut le temps de la guerre de Cent Ans et des compagnies de mercenaires occupèrent Brioude (voir article sur Seguin de Badelol dont les troupes occupèrent la région entre Brioude et Lyon).

Au XVe siècle, un dernier programme d'aménagements résidentiels acheva de donner au château sa physionomie définitive. Béraud III, dernier représentant des Dauphin, maria sa fille unique à Louis de Bourbon, comte de Montpensier. De cette famille comtale puis ducale des Montpensier, la seigneurie passa aux ducs d’Orléans.

Le château laissé sans entretien tombe en ruines à partir du XVIe siècle. Vendu comme bien national à la Révolution, il sert alors de carrière pour les habitants du village.

L'enceinte:

Elle est assez bien conservée dans son tracé général et ne possède aucun flanquement. Le seul élément de fortification est la porte qui, au XIIIe siècle, était simplemnt percée dans la muraille. Deux siècles plus tard, deux piliers sont construits en avant de cette porte afin d'établir un mâchicoulis sur arc. Cette courtine est précédée d'un fossé sec qui permettait de constituer un éperon barré, commun en Auvergne.

Le village originel était construit à l'intérieur de l'enceinte alors que le village d'aujourd'hui est situé en dehors de rempart.

L'église:

Située à proximité du château, l'église romane de Léotoing domine l'ensemble villageois.

Un prieuré roman

Les plus anciennes mentions d'une église paroissiale dédiée à Saint Vincent datent des années 1060. Elles concernent les donations faites à l'abbaye de Sauxillanges par Anthoine de « Lauthon », et certains de ses parents.

L'abbaye de Cluny, dont relève Sauxillanges, y installe un prieuré à une date indéterminée. Son existence est attestée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. L'église est construite dans la tradition romane de la fin du XIIe siècle. À l'origine, elle comprend une nef de trois travées voûtées en berceau, complétée vers l'est par un transept peu saillant dont la croisée est couverte d'une coupole sur trompes (voûte de forme hémisphérique soutenue par quatre arcs). Sur ce transept ouvrait une abside flanquée sans doute de deux absidioles dont il ne subsiste que celle située au Sud.

Des remaniements gothiques

Au cours du premier quart du XVe siècle, le transept, l'absidiole nord ainsi que l'abside principale sont abattus. Ils sont remplacés par une abside rectangulaire et par un chœur voûtés sur croisées d'ogives. Les clefs de voûtes sont sculptées aux armes de la famille de Balsac dont l'un des membres était alors titulaire de la charge priorale. Sur le flanc nord de l'église fut aménagée une vaste chapelle à caractère seigneurial voûtée sur croisée d'ogives. La clef aux armes écartelées des Dauphin d'Auvergne et des Sancerre, famille dont est issu Béraud III dit « Le Jeune », dernier représentant de la famille des Dauphin.

Décors et peintures

On accède à l'église par un porche autrefois protégé par un auvent. Le couronnement du mur méridional porte une corniche à modillons (pierre en saillie soutenant les éléments d'une corniche) sculptés, dont deux paraissent d'origine. Dans la nef, les chapiteaux de facture archaïque reproduisent des thèmes iconographiques répandus en Brivadois (sirène bifide, aigle, lions affrontés, etc.) Sur le mur oriental du bras sud du transept, les restes d'une peinture murale du XVe siècle figurent une Déposition de Croix. La belle qualité d'exécution de la scène est associée à la présence du donateur qui pourrait être un prieur de la riche famille des Balsac. Dans l'absidiole voisine, la figuration d'un Dieu de Majesté en Pantocrator (qualificatif de Dieu, maître de l'univers et figuré en buste) est associée à une délicate scène de l'Annonciation qui peut être datée de la seconde moitié du XIVe siècle. Il est à remarquer que les carnations peintes en sel d'argent ont viré au noir.

La chapelle des lépreux:

Plaque posée par la Communauté de communes du Pays de Blesle : "Située sur un site dominant la vallée de l'Alagnon, la chapelle de Léotoing, surmontée d'un clocher-mur à arcature unique, date probablement de la fin du XVIIIe siècle. Le bâtiment, construit sur un rocher, est typique des petits édifices ruraux employant des matériaux de construction locaux. Appelée selon la tradition « chapelle des lépreux », elle aurait été édifiée hors de l'enceinte du village afin d'éviter tout contact avec des personnes malades.

Le four banal actuel, construit en dehors des remparts n'est certainement pas celui d'origine cité dans les franchises. Le batiment de plan absidal, possède une seule cheminée primitive en pierre, placée au dessus du fournil.


Sources:

-Wikipedia

- site auvergne-centrefrance

- Panneau situés dans le village et la chapelle

Photos:

-Jimre(2013)


Posté le 09-10-2013 11:32 par Jimre