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Rochebaron

 1-      Principales dates du château :


Les éléments du château tels qu’on peut les voir en partie restaurés aujourd’hui remontent au XVe siècle. Cependant le château primitif date vraisemblablement du XIIe siècle, des traces de la famille de Rochebaron remontant même au Xe siècle.

Entre 1150 et 1200 :

Le château est hommagé. Il est constitué de deux parties principales, l’une dédiée à la surveillance de la vallée de la Loire (emplacement de l’actuelle chapelle et de la cuisine), l’autre assurant la défense de l’accès principal par l’ouest avec un donjon rectangulaire (emplacement de la tour triangulaire).

 Début XVe siècle :

 D’importants remaniements interviennent, motivés par la guerre de Cent Ans et une période fortement troublée, avec notamment :

La reconstruction de la chapelle telle que les ruines nous la présentent aujourd’hui.

La fortification de l’accès à la troisième enceinte, avec la construction de la porte à herse 

La construction de la tour ronde (mentionnée dès 1419).

Fin  XVe siècle :

En ces temps de paix relative, les considérations défensives ne sont plus prioritaires et l’on profite de cette période pour surélever l’ensemble herse-chapelle et y adjoindre un étage d’habitation.

XVIe siècle :

De nouvelles techniques de guerre étant apparues, l’aspect défensif du château est adapté à ces nouvelles contraintes avec le remplacement du donjon carré par une tour triangulaire dont l’angle vif est constitué par des pierres de grande dimensions qui offrait moins de prise aux tirs des assaillants venant de l’ouest.

De plus elle est armée de véritables canonnières permettant de répondre à l’artillerie de l’époque.

A partir du XVIIe siècle :

Ce siècle marque la fin de l’activité du château en tant que tel. Il commence à être désaffecté à partir de 1654.

Il est mentionné en ruines dès 1743. Son manque de confort a conduit ses propriétaires à le délaisser et la dernière famille propriétaire, les De Fisicat, n’en fera plus acte de possession à partir de 1826.

Au début du XXe siècle, le site a servi de ferme d’accueil  pour 3 familles dont l’une exerçait la profession de tisserands. Ces habitants demeuraient dans un bâtiment du XVIIIe siècle (restauré début des années 90 par « les Amis de Rochebaron ».

Alors que les derniers vestiges disparaissaient, notamment le poste de garde coté Loire qui existait encore début XXe siècle, la seconde moitié du XXe siècle a vu un regain d’intérêt pour le site avec son classement en tant que Monument Historique en 1951.

En 1972 naissait l’association des Amis de Rochebaron qui voulait empêcher que l’ignorance entraine la lente mais inexorable destruction de ce site.

Refondée en 1986, l’association compte aujourd’hui deux cents membres qui d’une façon ou d’une autre aident à la sauvegarde de ce patrimoine

En ce début de XXIe siècle, la phase de sauvegarde est terminée et laisse place à une étape de réhabilitation.

2-      Les éléments visibles dans le château :

La ferme d’accueil du XVIIIe siècle accueillant le musée lapidaire abritant des matériaux divers recueillis lors de la restauration du château

La poterne, porte fortifiée avec des barres et verrous de fermeture qui permettait une sortie discrète du château en cas de siège.

La table d’orientation avec de magnifiques blasons des Rochebaron et de la commune de Bas-en-Basset où se trouvait une poste de garde composé d’une tour de guet encore visible au XXe siècle.

La porte à herse dont la défense était  assurée par une arrivée en longeant le mur (exposition aux jets des défenseurs), une herse , deux tours en U semblables, à l’exception de l’orientation de leurs archères, permettant une meilleure défense en couvrant plusieurs directions, et une porte fermant par des barres.

Les tours étaient plus hautes afin d’assurer une meilleure protection de l’ensemble de la porte.

 A noter le mélange pierre-briques qui constitue cet ensemble ( on retrouve la brique dans l’Ain(Dombes) et l’Isère.

La chapelle se trouve vraisemblablement sur le site primitif du château (citée en 1301). Elle est dédiée à saint Antoine du Viennois, un saint guérisseur.

La chapelle comporte une nef unique de 8,15 m de longueur, prolongée par son abside située coté Loire. La paroi, coté ferme d’accueil, possède des restes de mâchicoulis, témoins de la fortification de l’édifice. Les ouvertures sont plus étroites en bas (défense) alors qu’elles deviennent très larges en haut (habitation seigneuriale avec une superbe fenêtre à meneaux).

Le bâtiment semble donc avoir eu 3 fonctions simultanées : lieu de culte, système défensif (en complément de la porte à herse), et bâtiment résidentiel à l’étage desservi  par un escalier à vis situé dans la tour ronde attenante.

La citerne, qui était un édifice vital permettant de récupérer les eaux pluviales par un système de canalisations. Elle a une profondeur de 16 m et une largeur de 3 m.

Une légende nous est parvenue dans laquelle intervient cette citerne (voir ci-après le résumé).

Le logis, ancien logement  du seigneur avec une salle de réception, une cheminée encore visible et un dallage aujourd’hui recouvert.

La cuisine dont le pavement comporte des creusements et inclinaisons permettant l’évacuation des eaux vers l’extérieur. Les restes de 3 cheminées sont encore visibles aujourd’hui.

La tour triangulaire qui comme dit précédemment a remplacé une tour carrée au XVe siècle. Elle est constituée de 5 niveaux  communiquant par des escaliers intérieurs à volées droites et avait un usage exclusivement militaire.

La courtine, entre les deux tours  est l’enceinte la plus épaisse du château (1,60 m)et dont la hauteur est de 9,45 m car elle est située à un endroit stratégique pour la défense face au chemin d’accès de jadis.

La tour ronde :

Dont le palier d’entrée cumule différents dispositifs défensifs avec :

Une échelle d’accès escamotable,

 Une double porte,

Une trappe qui s’ouvre sur 4 m de profondeur,

La hauteur des premières marches de l’escalier qui est nettement supérieure à celle des marches suivantes qui sont plus larges,

La présence d’un assommoir (marche élargie pouvant supporter un défenseur).

Dont les salles sont construites sur le même modèle : une cheminée de taille imposante par rapport à la surface de la pièce, deux fenêtres à l’orientation Sud Ouest-Sud Est et des latrines séparées jadis séparées par une porte et des aérations grâce à des ouvertures dédiées.

A l’origine les hourds équipant la courtine et la tour ronde étaient en brique. Mais pour des raisons techniques, leur  restauration a été faite en bois de tech qui ne nécessite aucun entretien.

La tour Nord, tour circulaire composée de 3 salles superposées, voutées en coupole et communiquant par un puits central.

Le village, situé à l’extrémité du plateau qui s’étend devant les deux tours principales. Les premières mentions d’habitation sont du XVIe siècle avec Huit feux en 1550

A noter que dans le virage permettant d’accéder au château (au niveau de la zone permettant d‘accéder au niveau de ce plateau devant la courtine et au dessus du châtelet de la porte de l’entrée)  on peut voir dans la végétation des vestiges de murs ainsi qu’un fossé qui ferme l’éperon du château. Cette zone n’a pas l’air d’avoir encore été mise en valeur et si quelqu’un peut nous donner des précisions sur ces vestiges dont vous pouvez voir les photos sur notre site, ce sera avec plaisir que nous les publierons.


3-      La légende de Rochebaron.

" A peine Héracle de Rochebaron venait-il d’être défait à Serverette (en Lozère) que le Sénéchal Humbert de Grolée se présenta devant la porte du castel et demanda la reddition de la place. A cette injonction, un conseil présidé par les deux châtelaines se réunit et arrêta qu’on devait résister à tout prix.

Sans perdre de temps, le Sénéchal investit la place, fit mettre en batteries catapultes et pierriers. L’épaisse muraille de la forteresse s’écroula et donna le passage à l’assiégeant. Rochebaron était pris.

A la vue des soldats, les filles d’Héracle se jetèrent dans le puits qui avoisinait la chapelle. Les belligérants, saisis d’émotion, arrêtèrent  de se battre. Parmi eux se trouvait un valeureux chevalier, Philibert de Grolée, fils du Sénéchal. Il n’hésita pas à se jeter dans la citerne. Bientôt, on le vit reparaitre, étreignant dans ses bras vigoureux Jeanne de Rochebaron ; elle était morte. Un de ses compagnons d’armes réussit à retirer du puits Marguerite, que quelques soins ramenèrent bientôt à la vie.

Marguerite fut comblée de prévenances ; sa profonde tristesse touchait tous ceux qui l’approchaient. On ne sut qu’inventer pour la sortir de sa morne torpeur ; chevauchées, parties de chasse, succédèrent aux réceptions et aux tournois. Dans l’une de ces joutes entre chevaliers, Philibert de Grolée resta le vainqueur. Ce fut des mains de Marguerite qu’il reçut la palme d’or. A peine tendait-il la main pour saisir le prix du à sa bravoure autant qu’à son agilité, qu’il tombait en défaillance.

Il avait été grièvement blessé. Marguerite, s’en étant aperçue s’empressa de ranimer le jeune homme. Cet amour naissant ne fit par la suite que s’accroitre ; l’un et l’autre s'aimaient, mais sans oser se le déclarer. Un jour cependant, Philibert de Grolée, demanda la main de Marguerite ; la fille d’Héracle de Rochebaron n’eut pas la force de refuser.

Le grand jour choisi pour les noces arriva. Celles-ci battaient leur plein quand Marguerite, songeant à son père et à sa sœur chérie, quitta la grande salle et gagna par un escalier dérobé la porte du château. Enlevée par un chevalier qui lui était fidèle, elle se dirigea sur l’abbaye de Chazeaux où elle fut reçue par l’abbesse. Au moment de prononcer les vœux perpetuels, et voyant tomber à ses pieds son opulente chevelure, elle poussa un cri déchirant et dit avec effroi, dans un sanglot de larmes : Ô Jeanne ! Ô mon père ! Vous êtes vengés !"

Article rédigé d'après les informations du manuel de visite du château.


De plus amples informations:

Posté le 30-05-2010 22:59 par Jimre


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