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Précisions sur le Baboin de Chazay


Merci à Mr Michel de Bourg-Neuf pour les précisions à propos de la statue du Baboin de Chazay d'Azergues :

 

"La statue actuelle n'est pas de bronze mais de fonte. 

Elle fut achetée au marché aux puces de Villeurbanne.

Je tiens cette info de celui qui fut chargé de cette opération...

Il s'agit du forgeron de Chazay d' Azergues, qui était connu sous le nom de "Père PRADEL" et était membre ou président de la société d'histoire de cette même bourgade.

Pour ce qui est du bois de la Statue, vu que le culte de Sucellus fut le même que ce soit celui du Baboin ou celui de l'Homme de la Roche a Lyon, le bois utilisé était l'Orme. C'est l'arbre des rencontres et des carrefours. Plus tard il fut remplacé par un Mercure au carrefours puis une Croix... Ce bois a une importance symbolique, de plus déjà à l'époque romaine on connaissait les vertus de ce bois résistant aux intempéries...mais le bois reste du bois et à Lyon la statue commença à se dégrader au point qu'il fallut lui mettre une béquille si bien que le Sucellus gagna très vite le pseudo de "CAPITAINE FIER A BRAS"...

Cette divinité était très proche de celle de Lyon, précédant celle de l'homme de la Roche en bord de Saône"

Contact: academie.de.bourgneuf.info@orange.fr.

Source: Les Vigueries Carolingiennes Vellaves A. Boudon Lashermes


Posté le 12-01-2012 20:45 par Jimre

Chazay d'Azergues

Histoire du village

Chazay (casetus ou casetum, petit châtelet) comme beaucoup de nos villes tire son nom de son ancien château. Suivant toutes probabilités, Chazay fut, à l'époque gallo-romaine un lieu d'une certaine importance placé sur la voie qui partait d'Anse pour remonter la vallée de l'Azergues par la rive gauche de cette rivière.

Nul emplacement ne pouvait être mieux choisi pour garder l'entrée de cette vallée et la dépression qui sépare les monts du Beaujolais des monts du Lyonnais.

Ce n'est qu’à partir de l'époque féodale que le rôle de Chazay se précise par des documents certains (Cartulaire des Abbés d Ainay).

Depuis le Xe siècle, l'abbaye lyonnaise d'Ainay possédait le fief et la seigneurie de Chazay. Elle y établit un couvent qui deviendra plus tard le château fort. En 1173, à la suite d'un traité important par lequel Guy II de Forez cède tous ses droits sur Lyon et ses fiefs aux alentours de Lyon aux chanoines du chapitre de Saint Jean, Chazay passe sous la suzeraineté des archevêques de Lyon.

Les Abbés d'Ainay firent de ce lieu stratégique protégeant l'entrée de la vallée d'Azergues une forteresse imprenable, défendue par des fossés, des tours et d'épaisses murailles pour pouvoir soutenir les assauts.

 Aux XIIe et XIIIe siècles, Chazay était une place forte défendue par 3 enceintes successives. La première enceinte protégeait le bourg , la deuxième le castrum, c'est à dire les maisons des nobles, l'église paroissiale et le cimetière; enfin, la 3e défendait le château des abbés d'Ainay, le prieuré, son église et ses dépendances.

Les deuxième et troisième enceintes étaient entourées de fossés de 3,93 mètres de largeur et de 3,30 mètres de profondeur. Le haut des murailles pouvait atteindre 9,90 mètres. 

Chazay était entouré  d'une épaisse muraille, comprenant 4 portes et 4 tours.

La porte du "Baboin", autrefois appelée porte des Balmes, est la seule à avoir été conservée. Elle est surmontée d'une statue en tôle sensée représenter le "Baboin"(personnage légendaire de Chazay). En fait, il s'agirait plutôt d'un centurion romain.

La tour de Varennes,  aujourd'hui  tronquée,  est le dernier vestige apparent. Elle fut en  partie détruite lorsque  Richelieu ordonna  la destruction des places fortes de France. Au XIXe siècle, on détruisit également la porte des Varennes, située à proximité.

De 1155 à 1259 et de 1337 à 1474 (guerre de Cent ans) un climat d'insécurité régna sur la France.
Les Vassaux de Chazay étaient tenus à la "Chevauchée" et étaient obligés de suivre leur seigneur dans la guerre publique.
Les bourgeois malgré leurs privilèges étaient obligés au guet et à la garde de la ville. Toute la population avait un droit de protection en accomplissant des corvées ou en donnant des contributions annuelles.

Quant à la défense de la Forteresse, elle était confiée à l'abbé Baron.

Tous les habitants se trouvant dans ce refuge étaient tenus d'entretenir les murs et les fossés.

Au Nord de Chazay, vers la Maladière, une maison était réservée aux pestiférés. Non loin de là se trouvait la Chapelle dont il ne reste pas de trace. Au Sud, se situait le moulin qui fut vendu à l'abbaye d'Ainay.

A la fin du XVe siècle, Théodore Terrail, abbé d'Ainay, fit reconstruire le château sur les vestiges d'un édifice roman. Edifié au sein d'une enceinte fortifiée et défendu par 3 tours, le bâtiment comprenait 2 corps de logis, le "château" et le prieuré.

 Le   château a connu  de  nombreuses  modifications, néanmoins, il est représentatif de l'art civil du XVe siècle. Il est flanqué d'une tour et d'une tourelle d'escalier dans la façade sur cour. La porte gothique de celle-ci est surmontée d'un écusson aux armes de l'abbaye d'Ainay.

Le   beffroi   que   l'on aperçoit, est surmonté d'une statue de la Vierge, réplique    de celle de Fourvière.

Son escalier du XVIème siècle donne accès à une terrasse d'où l'on découvre les monts d'Or, la vallée d'Azergues, les Dombes et les monts de Tarare.

Bataille de Batailly

Les malheurs commencèrent avec la guerre de Cent ans car les revers subis par les troupes royales permirent aux Anglais de pénétrer jusqu'au centre de la France. Ceci entraîna la misère du peuple et les cadavres engendrèrent la peste.

Le peuple réduit à la famine se souleva, pillant, tuant jusqu'à ce que les seigneurs l'écrasent avec cruauté. Par la suite les rescapés se joignirent aux bandes de mercenaires anglais et français commandés par Seguin de Badefols et s'emparèrent d'Anse en 1364.
Chazay les gênait énormément à cause de sa forteresse qui fermait la vallée d'Azergues. Ils décidèrent donc de forcer les défenses du côté des Varennes. Guillemet attira les troupes au bas de la colline et les mit en déroute. Les rescapés regagnèrent Anse et affrontèrent la colère de leur
chef.

Bataille des Culattes

Après le départ des troupes à Anse en 1365, la paix ne revint pas réellement. Les Anglais gagnèrent des terres et arrivèrent dans la région.

Chazay était un obstacle, il fallait donc le traverser. Après une journée de combats, Chazay accula l'ennemi, s'empara d'un riche butin et fit de nombreux prisonniers. Le lieu du combat s'appelle depuis cette date : "Les Culattes", lieu où les Anglais ont reculé.

En 1392, le Baboin quitta Chazay pour les armées royales.

En 1418, une troupe bourguignonne mettait le siège devant Chazay. Le village fut pillé et en partie détruit. 

Un hôte illustre, Bayard, chevalier "sans peur et sans reproche"

L'abbé Théodore Terrail avait un neveu célèbre, le chevalier Pierre III Terrail seigneur de Bayard  qui naquit en 1476 à Pontcharra dans l'Isère! II servit trois rois   Charles VIII, Louis XII, et François Ier.

Le roi François Ier apprécia à tel point son courage sur le champ de bataille de Marignan qu'il considéra comme un honneur d'être par lui armé chevalier après la bataille.

Ayant reçu mission d'assurer la retraite de l'armée française après la défaite de Romagnano, il réussit à lui faire traverser la Sesia mais il est mortellement blessé d'un coup d'arquebuse aux reins. C'était le 30 Avril 1524.

Bayard, donc, aurait séjourné plusieurs fois au château de Chazay. Souhaitant participer à un tournoi, mais manquant d'argent, il vint trouver son oncle, dont la richesse était bien connue. L'abbé lui signa une lettre de crédit afin qu'il puisse s'équiper. Quelques temps après, l'oncle regrettant cette générosité sans limite, envoya un émissaire à Lyon pour surveiller les dépenses de son neveu. Mais il était trop tard ! Bayard avait déjà acheté les plus belles armures et les plus beaux chevaux. Cependant, l'abbé amadoué par les prouesses de son valeureux neveu, lui accorda bien vite son pardon.

La légende de Chazay

Le village de Chazay conserve la mémoire d'un personnage légendaire appelé le "Baboin". Etrange nom pour un héros et pourtant...

On cite Théodore de Sautefort, dit « Baboin » (nom aux origines discutables : pour certains cela viendrait du Français « Bat bien », pour d’autres, du provençal, signifiant « celui qui fait la grimace"). Orphelin recueilli par une bohémienne du nom d’Azza en 1347, il élevé parmi les bohémiens ; l’un de ses voyages le conduit près de Lyon, dans la petite ville de Chazay. Alors qu’il se produisait avec sa troupe, le feu se déclara dans le château du seigneur de Châtillon. Le Baboin, n’écoutant que son courage, revêtu de sa peau de bête, se jeta dans les flammes et sauva la fille et la femme du seigneur de Châtillon. 


La jeune fille revint voir son sauveur et lui proposa un service dans sa demeure, ce qu'il accepta. Le Baboin fut récompensé par le vicomte de Châtillon et devint écuyer.

Ce dernier, en reconnaissance pour cet acte héroïque, fit de Théodore de Sautefort son capitaine qui s’illustra notamment en 1379 lors de la bataille des Culattes où il mit en déroute les anglais.

Pendant la guerre de Cent ans, le Baboin et le seigneur de Châtillon partirent se battre. Le seigneur revint conquis par la bravoure de Baboin et l'adouba chevalier. Aussitôt rentré à Chazay, Baboin épousa Hermance, fille du seigneur de Châtillon, prit le nom de Jehan du Mâs et devint le Seigneur de Chazay.

Se souvenant qu'il n'avait pas toujours été riche et puissant, le Baboin fut très généreux. Il dota les jeunes filles pauvres de Chazay pour leur permettre de se marier. D'où le dicton : 

 « Filles qui n’ont vu le Baboin, oncques mari ne trouvent point »

Les Sautefort portaient pour armes une épée d’argent et deux lys, et pour devise celle qui devint celle de la famille Baboin : Honneur et Fidélité.

Théodore de Sautefort, le Chevalier Jehan du Mâs, conserva finalement son surnom qui allait être le nom de toute sa descendance : Baboin. 

La superposition d’une légende amoureuse médiévale au dieu celte au javelot et à la bourse Sucellus fit placer une statue de bois peinte en gladiateur antique au-dessus de la porte des Balmes. Ruinée par le temps elle a été depuis remplacée par une statue en bronze représentant un soldat romain.

Sources:

- Données recueillies dans le village.

- Site officiel de la mairie de Chazay.

- Dictionnaire illustré de l'Histoire de France de Alain Decaux et André Castellot.

- la famille Baboin sur Geneawiki.


Posté le 20-10-2009 20:10 par Jimre


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