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L'Arbresle


Article de Pierre Forissier trouvé sur un site très intéressant parlant de L'Arbresle et ses environs. Ne manquez pas d'allez surfer dessus. 8;-))


L’histoire du château de l’Arbresle et de ses fortifications, est étroitement liée à l’histoire de l’abbaye de Savigny.

L’Arbresle, seigneurie de l’abbaye, devenue la capitale d’armes de la baronnie de Savigny, était aussi la capitale politique où résidaient le bailli et le chancelier et où siégeaient le juge ordinaire et le juge d’appel. La reconstruction du château et les fortifications furent entreprises sous l’abbé Dalmace (1060-1082).

Le monastère de Savigny aurait été fondé suivant les premières sources sûres, au début du IXème siècle (vers 825 d’après une charte), mais Savigny apparaît déjà en 819 parmi les abbayes royales mentionnées dans la Noticia de Servitio monastérium :

« L’abbaye bénédictine de Savigny est de fondation carolingienne, peut-être impériale. Elle s’est peu à peu « constituée une zone d’influence religieuse plus ou moins diffuse ». Durement frappée par les invasions hongroises (934-949), elle se relève assez rapidement de ses ruines grâce à l’afflux des donations (ou des restitutions) de laïcs. Elle constitue une véritable entité territoriale au confluent des vallées de la Turdine et de la Brévenne. Entre les bassins de la Loire et de la Saône, le domaine de Savigny est traversé par des axes de communication majeurs…(…). Au 10ème siècle, un nouveau système socio-politique se met en place : la féodalité. Le comté carolingien de Lyon est disputé entre un ecclésiastique, l’archevêque de Lyon, et un laïc, le comte de Forez. Au nord un troisième larron entre en scène, le sire de Beaujeu. L’abbaye se trouve ainsi au carrefour de l’expansion de ces principautés territoriales rivales….Tout au long du Moyen-Age elle jouera avec plus ou moins de bonheur, de l’enjeu stratégique qu’elle représente. ..».

« Cette recherche d’équilibre régional s’est accompagnée d’une solide politique de construction de châteaux et forteresses ayant une double fonction : militaire bien sûr, mais aussi administrative (siège d’exercice des pouvoirs seigneuriaux, judiciaires notamment, mais aussi économiques). Ils peuvent être associés à un prieuré dont dépendent un certain nombre de paroisses (douze pour Montrottier, cinq pour l’Arbresle…) Ces châteaux sont tenus par des châtelains appartenant à des familles chevaleresques de la région que les moines parviennent assez bien à contrôler.

Ce réseau fortifié élaboré entre la fin du Xeme et le XII e siècle a une triple finalité.

Il s’agit d’assurer d’abord la protection rapprochée de l’abbaye contre d’éventuels agresseurs : fonction remplie notamment par les châteaux de Montrottier (élevé sous Hugues, 984-1007), l’Arbresle (milieu XIème siècle), Saint-Bel.

Il faut ensuite contrôler les routes (très importantes car elles mettent en communication le Lyonnais et la vallée de la Loire), qui empruntent les vallées autour de Savigny : c’est le rôle des nombreux points fortifiés qui jalonnent les vallées de la Brévenne (Chamousset, Courzieu, Bessenay, Sain-Bel et l’Arbresle), ou de la Turdine (Tarare, Saint-Romain-de-Popey).

Enfin la troisième raison d’être de ces fortifications…, c’est d’offrir une ligne de défense orientée grossièrement nord-sud contre les ambitions de l’Eglise de Lyon ; elle s’appuie sur les châteaux de Chessy, puis ceux déjà cités de l’Arbresle, Sain-Bel, Courzieu. Il n’y a pas de ligne de défense équivalente à l’ouest de Savigny, face au Forez… »

 

Construit sur un éperon rocheux au confluent de la Brévenne et de la Turdine, le château était protégé par une triple enceinte : le « mur de la ville », le mur du Vingtain et le château lui-même.

Nous savons que c’est l’abbé Dalmace au milieu de XIème siècle qui fortifie la villa de l’Arbresle «  en forme de château » en faisant entourer la ville du Vingtain, et du « mur de la ville ». En fait l’antique castellum maintes fois détruit, fut non pas bâti mais bien reconstruit.

 Le « mur de la ville », dont nous connaissons le tracé exact par un plan de 1750, et par l’examen plus attentif sur le terrain, était percé de quatre portes principales.

Les trois portes les plus importantes, parce que situées sur le chemin de la Via Francisca étaient la porte de la Madeleine au sud, la porte défendue par une tour à l’entrée du pont Sapéon et la porte des Planches, au nord. Le voyageur venant de Lyon et allant sur Tarare, franchissait le pont de la Madeleine passait par la porte du même nom et traversait le bourg par l’actuelle rue du Marché. Le franchissement de la Turdine se faisait en prenant la rue des Planches pour arriver sur le pont du même nom, et rejoindre le faubourg Saint-Julien (hôtels des Trois Maures, du Cygne Blanc, au Cygne et au Petit Dauphin), ou en prenant la porte Sapéon qui était protégée par un bastion selon les dires de M. Gonin. Enfin la porte dite de Savigny (ou du Grand Pan), seule porte encore debout.( Elle ne comprenait qu’une seule arche ; la deuxième a été construite à la suite de l’incendie de la maison voisine)

 Deux autres portes permettaient d’entrer dans la ville : c’étaient la porte des Epies ou de Tranche-oreilles (aujourd’hui rue Père Perret), et la voûte Montchanin, à l’extrémité nord de la rue du Marché long boyau de 6 ou 7 mètres qui a été démolie vers 1855.

Le Vingtain

Défense plus rapprochée du château. Lieu où l’on apportait l’impôt seigneurial de la vingt et unième gerbe  « Le mur du vingtain partait du château. De là il arrivait à la porte de Tranche-Oreille, sous le fief d’Odieu et se prolongeait sous la maison curiale, puis à angle droit montait jusqu’à la grande porte ogivale du Vingtain, attenante à la tour carrée du Beffroi qui a servi longtemps de clocher et qui a été démoli en 1874 pour agrandir l’église. De là, au nord ce mur descendait vers le pont Sapéon, d’où il remontait pour se relier à l’entour du château fort ».

Le Château

C’était une enceinte de surface assez restreinte, flanquée de cinq tours avec des ouvrages défensifs sur les flancs extérieurs en contrebas des murailles ; ce sont les parties appelées fausses-brayes sur le plan de 1750, qui entouraient le château sur trois côtés. Ces terrasses servaient à disposer des pièces d’artillerie.

Trois tours existent, encore, dont le donjon. Les deux tours en regard de la Brévenne ont disparu, et le reste des murailles les joignant démolies en 1825.

Nous savons par deux rapports d’experts de la sénéchaussée de1714 et 1716, que le château était déjà en très mauvais état. « Le chasteau de labresle dépend de l’abbaye de Savigny, ce chasteau en tout détruit. Il y a encore les quatre murailles d’enceinte, lesquelles se démolissent et tombent en ruyne de tous côstés (…) On entre dans ce chasteau par une grande porte (…) Le dedans est occupé par les restes d’une ancienne église en partie ruynée sans couvert , par des mazures joignant le mur d’occident (…) conservé de ces mazures  un petit endroit qui sert de logement au concierge (…) ledit bastiment est en mauvais état y pleuvant de tous costés … Dans ledit chasteau il y a deux grandes tours, l’une appelée la « grande tour » (le donjon), et l’autre « la tour d’Oing ». …il y est à chacune des cachots garny de leurs portes, (…) le tout très vieux et très usé…Au-dessus sont des petites chambres les unes sur les aultres dont la plupart sont inaccessibles, et on peut y entrer qu’avec des eschelles fort haultes… »

Ci-après, le Plan de l’Arbresle et du château reconstitué par l’architecte Henri Duchampt en 1909. On remarque facilement le mur de la ville, percé de ses portes, le mur du vingtain qui venait joindre le beffroi-clocher, élément défensif de cette enceinte, et le château avec ses quatre tours et le donjon.

Une chapelle est représentée devant le donjon. Il s’agit sans doute d’une erreur car le rapport de 1762 précise que des vestiges d’une  chapelle et mazure se trouvaient à l’angle sud-est du château.

Entre 1716 et 1735 des réparations ont été faites, ainsi qu’il est dit dans le rapport de mars 1735 « est reconnu que la grande tour carrée, au pied de laquelle sont les prisons est en bon état. Le couvert d’icelle est entièrement rétably tant en charpente que couverture de thuilles » Les autres bâtiments, auditoire, cuvier (où sont trois cuves et un pressoir), l’autre tour carrée, la maison du concierge…sont aussi reconnus en bon état …»

1762 La dernière description connue de l’état du château avant la Révolution confirme que les deux tours servaient de prisons : «  la première qui joint le portail d 'entrée (le donjon) dans laquelle sont pratiqués trois petits cachots les uns sur les autres…la deuxième tour qui est très ancienne dans laquelle sont deux cachots l’un sur l’autre (…)Il est dit aussi que la chapelle devait se trouver à l’angle sud-est  c’est-à-dire le long de la muraille côté Brévenne « nous avons reconnu à l’angle d’orient et de midy…des vestiges d’une ancienne chapelle et mazure consistant dans les quatre murs qu’il paraît nécessaire de démolir… »

A la Révolution le château est confisqué comme Bien national. L’inventaire des bâtiments du 26 décembre 1790 est le suivant  « Ancien château clos de murs, d’environ 3 bicherées consistant en: deux tours, un auditoire, une prison, cave, grange, deux autres caves, deux chambres et deux greniers au-dessus, un jardin. Estimé les bâtiments et jardin 1200 livres + deux cuves estimées 120 livres, un pressoir estimé 100 livres»

Que reste-il aujourd’hui du château ?

Il n’est pas très facile aujourd’hui de retrouver les parties anciennes du château. Au nord-est et sud-est, les bâtiments de l’école ont été implantés sur les murailles et cachent en partie la tour d’Oingt au nord-est. Celle-ci est encore « complète », sauf la toiture qui est modifiée.

 Cette tour a cinq niveaux. Les deux premiers ont servi de prison, (petits cachots de 2,20 x 2,30m), et les trois autres aménagés au 19ème siècle sont accessibles par un escalier à vis extérieur. Des portes ont été percées dans le mur qui mesure 1,50m d’épaisseur.

La deuxième tour au nord-ouest est entièrement englobée dans les constructions du 19ème siècle. Au pied de cette tour se trouvait le cuvier mentionné dans les rapports de 1714 et 1716. dont quelques parties anciennes sont encore visibles.

Il reste le donjon, majestueuse tour de 20 m de hauteur (à l’origine 22m environ, le niveau de la cour étant surélevé), et qui mesure au sol 7,00m x 6,30m. Elle possédait un toit à quatre pentes. Les mâchicoulis auraient été refaits au XVème siècle (Gonin). Dernier refuge en cas d’attaque on accédait aux étages supérieurs par une échelle que l’on pouvait ensuite retirer.

A la base du donjon devait se trouver la porte d’entrée du château, son accès protégé par les mâchicoulis. Pour une raison que l’on ignore cette porte a été obturée (on peut voir de l’intérieur la trace de l’arc ogival en pierre), et une autre porte en plein-cintre a été construite sur le côté.

Cette porte sera remplacée à son tour par une porte ogivale détruite en 1956.

Plan du Donjon

Le donjon avait 3 étages y compris la terrasse. Un plancher supplémentaire a été aménagé entre le 2ème et la terrasse vers 1900.

Vers 1900 M. Thiollier ouvrira sur la façade sud, de larges baies de plain-pied au premier étage, des fenêtres au deuxième et deux oculus au troisième, étage créé par un plancher.

A gauche, l’ancienne porte est encore en place avec ce qui reste du mur. Il faut aussi remarquer le niveau plus bas de la cour si on en juge par la porte du donjon. Dans le fond, la tour du fief d’Odieu: A droite, sur cette photo de 1935, la tour nord (la tour d’Oingt) est encore bien détachée. Aujourd’hui englobée dans les bâtiments de l’école, seule la face du côté de la Turdine est encore visible.



Posté le 09-07-2012 22:22 par Jimre

L'Arbresle

Article trouvé sur Wikipedia



Dès l'époque néolithique, le site de L'Arbresle est occupé par l'homme, comme l'attestent les haches polies et les pointes de flèches en silex trouvées au Muzard. Cette occupation humaine plusieurs fois millénaire, L'Arbresle la doit à son emplacement privilégié : c'est un confluent de rivières isolant et protégeant une presqu'île dominée par un rocher propice au refuge et à la défense ainsi qu'à la surveillance et au contrôle des passages, au carrefour des deux vallées qui sont d'inévitables voies de pénétration vers les monts du Lyonnais et du Beaujolais.

La route est une des clefs du développement de la bourgade arbresloise. Dès le haut Moyen Âge, L'Arbresle constitue une halte sur le « Grand chemin français » qui est l'itinéraire le plus court et le plus fréquenté reliant Paris à Lyon, et qui transformera au fil du temps en « Grand chemin de Paris à Lyon », puis en « Route royale », anciennes appellations de la célèbre route nationale 7, aujourd'hui déclassée.

Aussi pendant des siècles, L'Arbresle est-il traversé par des marchands, les soldats, les pèlerins, les voyageurs illustres ou anonymes s'arrêtant pour boire, manger, dormir dans de nombreuses auberges et hostellerie, et se faire soigner, ou mourir parfois, à l'hôtel Dieu de la Madeleine.

L'histoire de L'Arbresle se confond avec celle de l'abbaye de Savigny dont elle partage la prospérité comme les vicissitudes : le bourg est fortifié par l'abbé Dalmace au XIe siècle et devient une des principales places fortes protégeant l'abbaye. Le château subit divers assauts au gré des luttes féodales, puis de la guerre de Cent Ans, et tombe en ruines lors du déclin de l'abbaye au XVIIe siècle.

Proche de Lyon, L'Arbresle attire les bourgeois et les nobles lyonnais, qui y font bâtir au XVIe siècle des maisons dans le style Renaissance : ainsi, à partir de 1660, les de Valous séjournent fréquemment « en leur maison de campagne » arbresloise et surveillent la gestion et les revenus de leurs prés, vignes, moulins et cheneviers.

Cette même proximité de Lyon permet à L'Arbresle de bénéficier dès 1815 de l'expansion du tissage lyonnais vers les campagnes. Au cours du XIXe siècle, le village encore très agricole prend l'allure d'une petite ville industrielle spécialisée dans le tissage du velours de soie, dont le développement est accéléré par l'arrivée du chemin de fer vers 1860.

À partir de 1895, le tissage à bras est progressivement supplanté par le tissage mécanique qui concentre plusieurs centaines de métiers à tisser dans quelques grandes usines ou dans de petits ateliers familiaux, souvent à domicile. Des activités périphériques au tissage (dévidage, ourdissage, fabrication de peignes à tisser) font vivre alors de nombreux arbreslois. L'ère du tissage à L'Arbresle prend fin dans les années 1960 et contraint toute la population ouvrière à une douloureuse reconversion.

Chacun de ces épisodes de l'histoire de L'Arbresle a laissé des traces encore visibles de nos jours dans la ville : le donjon et la porte de Savigny, le pont de la Madeleine ou l’enseigne des trois Maures, la façade de l’usine de velours Roche comme les métiers à tisser au musée, sont autant de témoins qui parlent au cœur et à la mémoire et sont le patrimoine commun aux arbreslois passés, présents, et à venir.

Posté le 09-07-2012 22:14 par Jimre


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