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Poleymieux au Mont d'Or

Au Moyen Âge, le château, à l’emplacement de l’actuel Poleymieux le Haut, dépend de l’abbaye d’Ainay, abbaye située sur la presqu’île de Lyon. L’église, du XVe siècle, en est voisine. Le chapitre de Lyon est aussi suzerain d’un certain nombre de fiefs, dont celui d’Etienne de Lissieu. Au début du XVe siècle, Hugues Jossard, riche lyonnais annobli en 1398 par Charles VI, est seigneur de Poleymieux et Chatillon d’Azergues, sous la suzeraineté d’Ainay. Il est à la tête des mines de plomb et d’argent du Lyonnais. Sa famille va continuer cette activité et patronner, au siècle suivant, l’ouverture des mines toutes voisines de Chasselay. De grands défrichements sont entrepris au XVe siècle mais la condition de paysans demeure difficile avec des impôts plus lourds. La dîme porte ici sur la 12e partie de la récolte au lieu de la 21e ailleurs, sur le vin comme sur les grains. La « poule de Verdun », du nom d’un des sommets du Mont d’Or, est une taxe due pour le droit de pacage des troupeaux sur ce mont.

Pierre III du Terrail, plus connu sous le nom de Chevalier Bayard, originaire de Pontcharra en Isère, séjourne à Poleymieux comme dans d’autres endroits du Rhône, son oncle Théodore du Terrail, abbé d’Ainay, ayant de nombreuses propriétés dans la région, notamment Chazay d'Azergues.


En 1771, la famille Ampère acquiert une maison de campagne. Jean Jacques Ampère enseigne alors à son fils André-Marie une éducation personnalisée qui en fait pratiquement un autodidacte.  L’exécution du père après le siège de Lyon a été un déchirement pour  le jeune André-Marie, dont la renommée comme savant par la suite, va bientôt rejaillir sur le village de son enfance. Un musée de l’électricité a été ouvert en 1931 dans la maison familiale.

En 1774, la seigneurie de Poleymieux est vendue à Marie-Aimé Guillin du Montet (ou Dumontet ou de Montel). Celui-ci est né à Lyon et s’est engagé à 14 ans et est devenu corsaire. Il a par la suite montré talent et bravoure au service du marquis de Roux en qualité de lieutenant. Il est devenu gouverneur du Sénégal et des possessions françaises de la côte d’Afrique et à ce titre trafiquant d’esclaves.

Devenu Baron de Poleymieux, il s’y fixe avant la Révolution en 1785 avec sa famille et un serviteur sénégalais doué d’une force prodigieuse.

Son caractère violent, il a été démis ou a démissionné de ses fonctions en Afrique, en font un personnage antipathique. Il va s’attirer les foudres de tout le voisinage en truquant le bornage des terres pour agrandir son domaine, en déplaçant les chemins et en révisant les terriers avant le rachat décrété le 4 Août 1789 ;

Il a tout pour servir de cible à la vengeance des révolutionnaires, sa famille, notamment son frère, ayant été impliquée dans un complot royaliste en 1790.

Après la fuite du roi et son arrestation à Varennes, le climat insurrectionel incite la section des Jacobins de Chasselay, décide d’investir le château de Poleymieux.

Le 24 Juin 1791, la garde nationale de Poleymieux, Chasselay et Quincieux, conduite par la municipalité, arrive, soutenue par des villageois et des personnes étrangères au pays plus ou moins excités. Au total, entre 800 et 900 personnes ont décidés d’en découdre avec l’odieux personnage retranché dans son château.

Après qu’une députation de six officiers ait été reçue à coup de fusil, il s’ensuit unéchange de menaces puis des coups de feu éclatent.

Madame Guillin décide d’ouvir les caves du château, dans l’espoir d’apaiser la foule, altérée par la forte chaleur. On la fait prisonnière et le château est investi.

Le maire de St Germain au Mont d’Or tente de s’interposer avec le bataillon de sa commune pour faire cesser les combats mais Guillin, retranché avec son serviteur dans le donjon, continue à tirer sur la foule.

Un véritable délire meurtrier s’empare des assaillants qui les capturent et les massacrent, n’écoutant plus plus rien. Le château est incendié malgré l’arrivée de la garde de Couzon, venue elle aussi mettre fin aux combats.

Les assaillants vont même jusqu’à dépecer le cadavre de Guillin et à se partager des morceaux du cadavre.

La femme et les enfants de Guillin échappent au massacre et madame Guillin portera plainte sous l’Empire contre le capitaine de la garde de Chasselay. Elle sera rétablie dans ses droits sous la Restauration.


Les Traces du Moyen Âge :

Il n’y a que quelques restes du château détruit en 1791. On retrouve des fragments des murailles qui avaient deux mètres d’épaisseur, une porte voutée, l’emplacement de la Herse et d’un monte-charge, un escalier à vis dans une tourelle du XVe siècle, des caves, un blason en pierre au-dessus de la porte et enfin une porte.

La « tour du Commissaire » s’élève dans un parc voisin et la tour Risler, grosse tour ronde du XVe siècle, dominait le clos seigneurial.


Source :

- Article très largement inspiré du livre "Le Mont d’Or lyonnais et son val de Saône" de Laurent Michel.

Posté le 04-04-2014 11:31 par Jimre


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