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Caluire et Cuire

La ville de Caluire et Cuire résulte de la fusion en 1797 de ces deux communes, Caluire au nord et Cuire au sud. Son territoire occupe toute la largeur du promontoire méridional du plateau de la Dombes, qui se rétrécit avec des rebords abrupts pour se terminer à la Croix-Rousse.

Elle présente deux particularités rares:

La première est géographique car elle est baignée à la fois par le Rhône et la Saône, sans en posséder le confluent ; Tours est la seule ville pour laquelle il en va de même avec la Loire et le Cher. La seconde est historique car elle a été divisée en 1601 en une partie est et une partie ouest par une frontière axiale, survivance de la très vieille frontière entre Royaume de France et Empire germanique. La vieille frontière coïncidait avec la ligne de partage des eaux comme avec l’artère principale.

Les faits connus de l’histoire ne remontent pas au-delà de l’époque romaine. Comme dans d’autres endroits autour de Lyon, certains y situent le camp que César établit avant de mener la bataille contre les Helvètes lors de leur passage de la Saône en 58 av. JC.

La voie d’Agrippa longe la rive gauche de la Saône. La voie du Rhin suit l’axe du plateau. La voie de la rive droite du Rhône se développera plus tard.

Là également ou non loin, à Sathonay ou Rillieux et  malgré les incertidudes, on situe la bataille qui eut lieu en 197 ap. JC et qui vit la victoire de Septime Sévère sur Albinus. On a retrouvé en effet des amas d’armes de cette époque dans un des quartiers de Caluire, au Vernay ainsi qu’à la Pape (terme venant de poype ou motte), un quartier de Rillieux. Ce qui est sûr, c’est que les pillages des vainqueurs se sont déroulés sur cette zone.

Après la « décadence » et la fin de l’Empire romain, la ville de Lyon, qui s’étendait jusqu’au « vieux fossé » (terralium antiquum ou fossata antiqua Lugdunensia), une légère dépression située au cœur du futur bourg de Caluire, se replie au pied de la Croix-Rousse.

Au nord de cette enceinte réduite et à mesure que vont se préciser les territoires des fiefs féodaux, une frontière va se préciser, correspondant à l’axe de circulation principal, l’ancienne voie du Rhin.

A l’ouest, se situent des terres ecclésiastiques, à l’est, des seigneuries bressanes dont la principale est celle de Montluel.

En 1032, toutes ces terres se situent sous la suzeraineté de l’Empire germanique.

A partir de 1312 et pour tout le Moyen-Age, les terres ecclésiastiques passeront avec Lyon dans le Royaume de France. D’où la création d’une frontière sur la commune.

Les terres bressanes, intégrées à l’Empire, appartiennent par la suite au Comté de Savoie.

Pour Caluire, le versant de la Saône appartient à l’Ile Barbe, le pouvoir y étant exercé par le cellérier de l’abbaye elle-même, couvrant l’Ile mais aussi Collonges. La partie bressane relève du marquisat de Miribel qui, en 1218, est passé sous la suzeraineté des sires de Beaujeu, en même temps que la Dombes, et y restera jusqu’en 1460 avant de s’intégrer, beaucoup plus tard que les terres voisines, à la Savoie.

Caluire n’a pas de paroisse propre à cette époque. Le Vernay, noyau initial de Caluire, est rattaché à Collonges, le reste du territoire à Saint Rambert, les morts étant enterrés au cimetière de l’Ile Barbe.

Cela impose des déplacements peu commodes, dévalant des chemins très rudes et traversant la Saône en barque, traversée périlleuse lors des crues. C’est seulement en 1525 qu’un cimetière sera établi autour de la chapelle Saint Nicolas.

Pour Cuire, le versant de la Saône appartient à l’abbaye d’Ainay et la partie bressane à la seigneurie de Montluel.

La suzeraineté d’Ainay semble d’ailleurs avoir été disputée avec l’Ile Barbe et peut-être aussi avec l’église de Lyon. En 1230, une querelle éclate à propos d’une transaction entre l’Ile Barbe et Humbert de Montluel, à l’insu d’Ainay, et avec l’approbation de l’archevêque.

En 1250, l’église de Cuire est reconnue parmi les biens de l’abbaye d’Ainay par le pape Innocent IV, hôte de Lyon. La désignation est Domus ecclesia de Cuyères ou Villa de Cuères. Mais c’est par l’Ile Barbe qu’un droit de garde est octroyé aux sires de Montluel…

En 1269, les lyonnais insurgés pillent Cuire.

En 1312, la nouvelle suzeraineté royale respecte les droits qui avaient cours sous la suzeraineté impériale. 

Mais de 1313 à 1324, l’abbé d’Ainay  Jean de la Palud fait construire le château de Cuire. L’objectif de cet édifice construit  face à l’Ile Barbe, est surement d’affirmer l’autorité d’Ainay dans la défense du val de Saône, face à la Commune de Lyon dont le roi tolère le pouvoir croissant au détriment de l’archevêque et du  chapitre.

 Il peut aussi s’agir d’offrir une position amie pour la Savoie, aux portes de Lyon.Le prieuré de Cuire est affranchi en 1316 des redevances dues à Ainay. Un pacte est passé en 1317 avec Jean de Montluel lui reconnaissant la haute justice, la garde du village et la défense de l’Abbé. Les deux arbitres choisis sont des vassaux du comte de Savoie, de la famille de l’abbé d’Ainay : Aymon et Guigue de la Palud, seigneurs de Varambon et de Chatillon. Et l’archevêque de Lyon est alors Pierre de Savoie, la seigneurie de Montluel passant dans le giron de la Savoie en 1355…

Le comte de Savoie percevra à Cuire un impôt de onze sous viennois jusqu’en 1411. 

Dans l’enceinte du château, aujourd’hui lieu d’habitations, on trouve à l’époque un véritable village avec une église, sous le vocable de Saint Martin. Mais Cuire dépend toujours de la paroisse de Vaise, possession d’Ainay.

Caluire et Cuire sont épargnés par les Routiers, les Tard-Venus et les Anglo-bourguignons. Effet heureux de la présence du château ou de la proximité avec Lyon et ses milices mobilisées pour la circonstance.

En 1445, les deux localités s’intègrent au Franc-Lyonnais.

En 1571, l’abbaye d’Ainay, pour payer à l’état royal sa contribution à la réparation des dégâts causés par les guerres de Religion, vend sa terre de Cuire, avec l’autorisation de roi Charles IX et l’approbation du pape Pie V. De nombreux propriétaires particuliers vont alors se succéder.

A la fin du XVIe siècle, Lyon se dote d’un nouveau rempart coupant le plateau de la Croix-Rousse, entre le fort Saint Jean et la porte d’Halincourt sur la Saône, et le bastion et la porte de Saint Clair sur le Rhône.

La conséquence pour Caluire et Cuire est l’abandon de la route du bord du Rhône au profit de la voie du Rhin.

En 1601, l’annexion par la France de la Bresse Savoyarde fait disparaitre la frontière qui divisait Caluire et Cuire et rend du même coup inutile le récent rempart de la Croix-Rousse.

Caluire reste possession de l’Ile Barbe jusqu’en 1742 ou elle passe ensuite à l’archevêque et au chapitre de Saint Jean.

Pendant la Révolution, Caluire et Cuire se montrent solidaires de la révolte lyonnaise, après la destitution de la municipalité modérée par la Convention. En Août 1793, les premiers combats, préludant au siège de Lyon, se déroulent sur leur territoire, opposant les lyonnais, commandés par le colonel de Précy et le colonel de Chênelette, et les troupes conventionnelles, commandées par Dubois-Crancé.

Celui-ci décide de la fusion des deux communes mais ceci ne deviendra effectif qu’en 1797.


Source:

- Le Mont d'Or lyonnais et son val de Saône de Laurent Michel.


Photos:

-Jimre (2014)


Posté le 09-05-2014 10:32 par Jimre


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