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Mirabel

Bien visible depuis la RN 102, le village de Mirabel, situé sur le rebord méridional du Coiron, domine la vallée de la Claduègne. Il est surplombé par une tour, vestige d’un ancien château. C'est à sa position qu'il doit certainement son nom qui vient de l'adjectif latin mirabilis, signifiant « admirable ». Du rocher qui s’avance en pointe sur le village, le plus bel horizon s’offre au visiteur. 

Cette plateforme volcanique à 550 m d’altitude nous permet d’embrasser un vaste territoire (un tiers dit-on) du département et d’apercevoir 17 clochers. La plateforme avec sa falaise de basalte servait de promontoire aux châteaux qui l’occupaient. 

Du pied de cette falaise jusqu’au château qui a survécu, des escaliers (pas d’âne) nous permettent, en montant, d’admirer le village. Sur la place du château, une croix érigée en bordure du promontoire rappelle la mémoire de Liselotte Margot décédée en 1983. De ce promontoire, on peut situer au loin la montagne de La Dent de Rez, la tour de Brison et le rocher d’Ajoux.

Histoire

Rien n’indique de façon précise l’origine première de Mirabel qui se trouve à proximité du tracé qu’empruntait la voie romaine d’Antonin le Pieux, à la grande époque de l’Helvie avec sa capitale Alba et l’oppidum de Jastres à Lussas. 

Cette voie passait effectivement sur le territoire actuel de la commune (cf. « La voie romaine des Helviens »), mais pas sur le site où il n’y a aucun témoignage d’une occupation à l’époque gallo-romaine, sinon quelques fragments de tegulae retrouvés à une centaine de mètres de la tour.

Au XIIIe siècle, la seigneurie de Mirabel se compose de deux châteaux en coseigneurie qui occupent le plateau basaltique:

- A l’Est, le château d’une famille originaire d’Arlempdes en Velay, les Mirabel. Se suivront Louis, Pierre, Etienne, Pons, Gabriel puis Louis d’Arlempdes, François Rostaing et enfin Marie Pauline de Surville.

A l’Ouest, le château des seigneurs de La Gorce, d’Apchier, Astards, de Flotte, La Roche et enfin de Monteil.

Au XVIIe siècle, les deux familles seigneuriales entrent en conflit. Gabriel II de Mirabel, protestant, s’empare du château du seigneur de Flotte de la Roche, catholique.

En 1628, Henri II de Montmorency, gouverneur du Languedoc sous Richelieu, décide de reprendre la forteresse, qui ne peut rester un obstacle sur la route d’Ales à Privas et pour cela fait le siège de Mirabel. 

Il attaque la place le 11 Juin 1628. Après quatre jours de siège, une brèche est percée dans le rempart sud de la ville. Le bourg est investi et incendié par l’armée de Montmorency, appuyée des régiments des seigneurs de Montréal, Balazuc, Logères et l’Estranges.

Siège 1628

Le 15 Juin 1628, Louis de Mirabel capitule après que Montmorency ait fait tirer 300 boulets de canon.

Louis d’Arlempdes de Mirabel est épargné et part se réfugier avec sa famille et les hommes de sa garnison. Le roi lui laisse sa part de seigneurie. Il aura donc toujours le droit de percevoir les cens et de continuer à rendre la justice. Mais le château Est est quant à lui démantelé sur ordre de Richelieu.

En 1723, les Mirabel parviennent à réunir toute la seigneurie. Ils habitent maintenant le château du Pradel dont ils ont hérité en 1703. Aujourd’hui centre de Recherche et espace Culturel, le Pradel est l’ancienne demeure d’Olivier de Serres (1539-1619), reconnu pour ses recherches en agronomie et dont les descendants ont dû s'enfuir à Privas après le siège de 1628.

Au XVIIIe siècle, le bourg est animé par des commerçants et des professions libérales, tels que le couturier Chautaduc, le notaire Avias, le dentiste Boyrel, le cardeur Gente, le cordonnier Raoux, soit environ 150 familles.

Les traces du Passé

Du château oriental, démantelé au XVIIe siècle sur ordre de Richelieu, on ne voit plus que quelques traces de murs à fleur de terre, marquant entre autres l’emplacement du donjon. Du château occidental, qui a subi les mêmes vicissitudes, a subsisté, miraculeusement pourrait-on dire, le donjon carré. Construit en moellons de basalte noir, les chaînages d’angle seuls étant en calcaire clair, vraisemblablement pour des raisons de facilité de construction, il présente l’aspect dichromique noir et blanc caractéristique de nombreux édifices du Coiron et des villages alentour (Lussas, Lavilledieu…). 

Il aurait été élevé vers la fin du XIIIe siècle. Au pied, on trouve divers bâtiments dont la construction s’échelonnerait du XIIIe au XVIIIe siècle. Comme pour le château oriental, des traces de murs très arasés marqueraient l’emplacement de l’ancienne enceinte. De 1972 à 1995, de gros travaux de fouille et de restauration ont été réalisés par le propriétaire à qui l’on doit également de nombreux relevés.

Le très pittoresque village qui s’étend au pied garde le souvenir de l’ancien bourg castral. Il possédait deux enceintes, dont la dernière, datant vraisemblablement de la fin du XIVe siècle, est encore assez bien conservée. 

Après les guerres de Religion, les habitants reconstruisent leurs maisons dans la même enceinte du XIVe siècle. Le principe de construction des entrées et des fenêtres est modifié. Sur les linteaux, les arcs de décharge sont conçus par des artisans venus des Cévennes avec des origines andalouses.

Après avoir franchi la porte sud, dite porte des Aires, on peut emprunter de vieilles ruelles entre le premier rempart des XIIe et XIIIe siècles et le second du XIVe siècle. On arrive à un passage voûté, dit de Landrome, ce qui signifie « passage des hommes en armes ». Plus loin, toujours à gauche, une bâtisse attenante à une ruine nous rappelle la présence de la chapelle des protestants, qui porte sur sa façade la croix du Languedoc, « accords de La Rochelle 1620 » et à droite se présente une porte surmontée d’un linteau de granit sur lequel est sculpté un cœur pointe en haut.

On trouve également une autre  porte dite « des fontaines » surmontée du clocher, à l’est du village.

A voir aussi…

L’église paroissiale Saint-Étienne, située au sud-est du bourg fortifié, très en dehors des anciens remparts, aurait été élevée vers la fin du XIIe siècle. Mais l’existence d’une construction plus ancienne est attestée par le « Pouillé des donations de l’Église de Viviers faites à Saint-Vincent », plus couramment désigné sous le nom de charta vetus, établi aux alentours de 950, qui en fait mention. Pierre Margot  pense que : « L’implantation ecclésiastique doit être bien antérieure à l’organisation féodale et à la naissance … de la Seigneurie de Mirabel » et que : « Il est donc presque certain que l’édifice actuel a été précédé, au même emplacement de toute évidence, par une ou plusieurs églises dont on retrouverait des traces en procédant à des fouilles archéologiques méthodiques. »


Sources:

- Panneau dans le village

- Site http://www.patrimoine-ardeche.com/visites/mirabel.htm


Posté le 15-02-2016 20:37 par Jimre

Mirabel

Photos:

- Jimre(2015)

Posté le 21-06-2015 07:55 par Jimre


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