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Histoire de Seguret

Si les collines de l'actuel Séguret furent fréquentées au néolithique comme le prouve la découverte de haches polies, on ignore s'il y eut habitat permanent depuis cette époque. Le village est bâti à la jonction de la route traversant la montagne menant au Crestet et de la route de Vaison la Romaine à Carpentras.

L'étymologie est tirée du latin securitas qui a donné en provençal Segur : sûr. En effet, le village accroché sur fond de dentelles devait inspirer la sécurité en des temps incertains.

La première construction de l'église St Denis date du Xe siècle. Très petite à l'origine et orientée à l'est, elle a été agrandie au XIIIe siècle et a changé d'orientation. La Nef latérale a été ajoutée en plusieurs fois au XVIIe et XVIIIe siècles.

La construction du château débuta dès le XIe siècle. Les défenses furent augmentées à l'époque des guerres de religions. Une garnison importante logeait dans les dépendances construites autour de la tour. Deux grands murs descendent vers le village.

Suivent des années de chaos. Séguret dépendait de l’église cathédrale de Vaison qui prétendait ne relever d’aucun suzerain et refusa au X° siècle de rendre hommage au Comte de Toulouse , pourtant propriétaire du Comtat Vénaissin (le nom vient de Vénasque). Au XIème siècle, le Comte de Toulouse se fâche vraiment, s’empare de Vaison et y construit un château fort. Ainsi que plusieurs autres dans les environs immédiats. Il reste une partie importante de celui de Séguret auquel on a accès par une beau sentier piétonnier d’où l’on jouit de points de vue superbes.

Suit une période de tiraillement entre le Comte de Toulouse, le Roi de France, le Pape, le Prince d’Orange. Le Pape essayera de résister, surtout à coups d’excommunications mais en vain. En 1240, le Comte de Toulouse rachètera Séguret au Prince d’Orange pour 35.000 sous raymondins. En 1253, un inventaire (le polyptique Alphonsin) dresse un Etat des biens à Séguret d’Alphonse de Poitiers, Marquis de Provence et Comte de Venasque. Il est contresigné par 4 notables ségurétains dont le Chevalier de Reynier qui a donné son nom à la Porte d’entrée de notre village, plus souvent appelée Portail de la Bise, compte tenu de son exposition au vent du Nord.

Enfin, après cette période de lutte d’une quarantaine d’années, en 1274, le Comtat revient officiellement au Pape. Rappelons que le Pape rachètera Avignon à la Reine Jeanne seulement en 1348.

Le gouvernement du Pape durera 517 ans de 1274 à 1791. Période malheureusement troublée par les guerres de religion. Séguret passe peu à peu de l’autorité d’un recteur (généralement un évêque) à la Liberté Communale. D’abord tirés au sort parmi tous les habitants, les Conseillers le seront ensuite à la ballote (ceux qui ont en estime cadastrale 135 florins pour la première main, 35 pour la seconde).

L’administration papale n’était plus très satisfaisante et, depuis un siècle, le village s’administrait pratiquement par lui-même. Bien que dans la juridiction de Carpentras, la justice, pour les affaires minimes, fut rnedue par un capitaine que nommait annuellement le vice-legat. Il y eut un gouverneur jusqu'en 1789.

En 1791, malgré la réticence de Séguret, suite à un référendum, le Comtat devint Français et Républicain, le droit de vote appartenant aux citoyens censitaires (qui payent le cens). 

Aujourd'hui, en haut de la colline subsiste l'imposante façade ouest du donjon dont les murs paraissent bien fragiles... et plusieurs pans de murailles et de mur qui venaient rejoindre, côté nord, le portail de la bise et côté sud, les rochers au dessus de l'église.

De là-haut, un panorama splendide se déroule sous les yeux, embrassant toute la plaine comtadine et d'étendant jusqu'aux Cévennes. On aperçoit bien, notamment les villages de Sablet, Cairanne et Rasteau.

Pour résister aux attaques en périodes d'insécurité, les habitant éprouvèrent la nécessité de financer et renforcer les remparts déjà existants. Le rempart défensif du village, du XIVe siècle est encore bien visible en façade du village. En provençal, on l'appelle le Barri et l'on retrouve cette éthymologie dans barrière.

Au XIVe siècle, donc, des troupes de mercenaires menées par le vicomte de Turenne pillèrent le village. Puis vinrent les guerres de religion. Le cinq Mai 1563, les troupes protestantes attaquèrent le village, tuant cent trente personnes et brûlant les archives. En 1578, un nommé Blaise Bermond, ruiné par le jeu, offrit de leur livrer la place. Ses démarches le rendirent suspect à de Laudon, commandant de Séguret, qui le fit arrêter. On trouva sur lui des instructions de Gouvernet. Le malheureux offrit alors de faire tomber les huguenots dans le piège, si on lui accorder la grâce. Cette condition acceptée, le commandant décide de monter une embuscade. Un troupe de trois cents huguenots arrive par une nuit de fin Juillet,et, selon le plan mis au point attend le signal de Bermond. Au signal, ils appliquent les échelles et commencent à monter. Seulemnt, deux soldats catholiques ouvrent le feu trop tôt, permettant aux huguenots de prendre conscience du traquenard. Ils s'enfuient et on les poursuit. Vassadel de Vacqueyras perdit la vie dans cette sortie.

En 1714, la construction d'une muraille de soutènement permit l'amènagement de la place des Arceaux, au sud du portail neuf.

La fontaine et le lavoir ont été édifiés en 1823 et les platanes plantés vers 1860.

Les murailles et les portes du village étaient gardées en permanence tandis que les guetteurs placés sur la colline du "château" surveillaient la plaine.

Tous les ans, le soir de Noël, les Segurétains sont fiers d'organiser une crèche vivante en l'église saint Denis, précédant la messe de Minuit célébrée en Provençal. Dans l'esprit des "Mystères du Moyen Age", "Li Bergié", transmis oralement de génération en génération, ils représentent une évocation de la nuit de Noël à Bethléem, en trois tableaux: l'annonce de la venue du Messie, l'Appel des bergers par les anges et l'Adoration finale autour de la crèche.


Sources:

- Panneaux situés dans le village

- Site officiel de la commune

- Site vaison-en-provence.com en cliquant ici 

- Département du Vaucluse, dictionnaire des communes, de Jules Courtet, éditions Res Universis


Photos:

- Jimre (2009, 2011, 2017)

Posté le 06-04-2010 21:56 par Jimre


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