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Menerbes

Ménerbes est située entre Lacoste et Oppède le Vieux, perchée sur un des mamelons escarpés qui courent entre le lit du Coulon  et les premières pentes du Lubéron.

Il est probable que Ménerbes occupe à peu près l’emplacement de l’ancienne Manancha, où se retira Saint Castor, évêque d’Apt après Saint Quentin, dans les premières années du Ve siècle. Tout près de là, une grotte porte encore le nom de St Castor, et, en langue vulgaire, de San-Castre. Le quartier, au levant de la colline qui porte le village, a retenu le nom de Pied de Moustiers, podium monasterii. Tout peut donc faire supposer que c’est là que le saint fit bâtir un couvent, pendant que sa femme, de son côté, allait fonder un monastère de filles à Sivergues, sex virgines, dans une des gorges du Lubéron.

On sait que c’est sur ses prières et à l’attention des nouveaux religieux que Cassien, fameux abbé qui fonda Saint Victor de Marseille, écrivit les Institutions Monastiques, ouvrage dans lequel il donnait les règles des moines d’Orient. 

Le couvent fut sans doute détruit par les Saxons et les Lombards, dans leur expédition de 576.

A quelques kilomètres au levant, on trouve également une grande ferme qui était l’ancien couvent de st Hialire, de l’ordre des Carmes. On en fait remonter la fondation à Saint Louis.

En 1182, Imbert d’Agoult et ses frères prêtent hommage au comte de Forcalquier pour le château de Ménerbes. Plus tard, les Châteauneuf, co-seigneurs d’Entraigues et de Molleges, prétendirent à cette seigneurie et pendant longtemps poursuivirent leurs droits à Rome. Fatigués de la dépense et des lenteurs pour trouver une solution, ils finirent par céder leurs droits à la Chambre Apostolique.

Au Moyen Age encore, deux entrées permettaient l’accès à la cité. Ces portes, Saint Sauveur et Notre Dame, sont illustrées sous la forme de deux clés dans les armoiries de Ménerbes : cité du Comtat Venaissin.

Par une bulle du 25 novembre 1571, Pie V déclara que tous les biens, tant urbains que ruraux, seraient désormais allodiaux, et, comme tels, affranchis de lods et de cens. Il voulait ainsi récompenser les services de la ville pendant les guerres de religion. C’était jouer de malheur, car, présumant trop de leurs propres forces, les habitants de Ménerbes se laissèrent surprendre le 1er octobre 1573. Ils se comparaient, par rodomontade, à la roche de Milan, dit Louis de Pérussis, historien des guerres de religion. C’est Scipion de Valavoire qui prit la ville par ruse et, pendant près de cinq années, la ville fut comme la citadelle du protestantisme et ne capitula que sur une lettre écrite, dit-on de la main du Béarnais, futur Henri IV, le 9 Décembre 1578, après quinze mois de siège . 

Les assiégés sortirent de la ville avec les honneurs de la guerre, au son du tambour et toutes bannières dehors !

Certaines familles ménerboises conservent encore les boulets de fonte qui s’abattirent sur la ville lors de ces journées mémorables.

Le siège couta des sommes immenses et réunit une partie de la noblesse de France et du Comtat et fut conduit par le Duc d’Angoulême, frère naturel du roi et grand prieur de France. On suppose qu’il ménageait le village avec l’espoir d’en avoir la seigneurie et d’y placer l’une de ses créatures. La position de Ménerbes, au sommet d’un rocher abrupt et escarpé était forte à l’époque. Pérussis, dépité contre la longueur de ce siège, ne traite Ménerbes que de « vilain lieu, de bicoque bossue et mal située, qui n’en valait pas la peine »…

La plate-forme était défendue, au nord et au midi, par l’escarpement de ses rochers couronnés de créneaux ; au couchant, par le castellet, fortin qui dominait plusieurs avenues et au levant, par la citadelle dont le jardin, qui se termine en pointe très aigue, fortement en saillie sur la bourgade.

Est-ce la référence à Minerve, la déesse au casque d’or qui protégeait les Arts. De nos jours, de nombreux artistes furent attirés par Ménerbes, à la recherche d’une lumière pure et d’un nid secret pour travailler en paix. Picasso séjourna à la citadelle et Nicolas de Staël habita longtemps le castellet, bordé de jardins en terrasse et qui appartient à ses descendants. Il y a quelques années Ménerbes a aussi été immortalisé par un écrivain britannique britannique Peter Mayle, qui raconte dans « Une année en Provence » son installation dans la région. 


Sources:

- Département du Vaucluse, dictionnaire des communes de Jules Courtet, édition Res Universis.


Photos:

- Jimre (2016)


Posté le 06-12-2016 20:49 par Jimre


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