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Gigondas


Au cœur du triangle Carpentras, Orange et Vaison-la-Romaine, au pied des Dentelles de Montmirail, anciennement rattachée administrativement à Carpentras, Gigondas a quelque peu perdu le contact avec son ancienne capitale. 

Quelques documents, une enceinte de remparts dont la majeure partie est encore visible avec le château restauré, ainsi que le cornet du Prince Guillaume d’Orange que l’on retrouve dans les armoiries, sont autant éléments qui témoignent encore de ce passé. 

L’histoire religieuse fut très importante puisque six chapelles ou églises se trouvaient simultanément sur la commune au 16ème siècle, qui en a gardé son église paroissiale et les magnifiques restes de la chapelle romane St Côme et Damien. Il y eut également, et pendant au moins neuf siècles un couvent.

Avant le Moyen Age

Les innombrables monnaies, poteries et tegulae découvertes partout dans la commune, mais aussi une collection de chapiteaux et colonnes atteste de la présence et de la civilisation romaine. Plus ancienne encore est la station préhistorique datant du néolithique moyen récemment mise à jour dans les vignes de St André. 

Si la colonisation romaine fut effective à Gigondas, la région ayant été donnée aux vétérans des armées romaines et comme les fouilles ou les déterrements accidentels par labourage de tombeaux en plomb pour incinération, d'urnes lacrymatoires, de statuettes, de lampes, de tuiles plates, etc., le prouvent, les vestiges archéologiques ayant trait à la vigne ou au vin sont rares. Seule une tête de Bacchus a été mise à jour, en 1866, par Eugène Raspail, le neveu de François-Vincent Raspail, sur les terres de son Château Raspail.

Le village de Gigondas s’est d’abord appelé Jucunditas qui signifie joie et allégresse en latin. Un nom prédestiné à la culture de la vigne et du vin, au développement d’authentiques traditions vigneronnes depuis deux millénaires...

En effet, on attribue aux vétérans de la seconde légion romaine et fondateurs de la « Colonia Julia Arausio « (ville d’Orange, au 1er siècle avant JC) la création des premiers domaines viticoles. 

Moyen Âge



A partir de 793, jusqu'au rattachement à la France en 1731, cinq familles ont régné sur la région d'Orange .

    Famille des Comtes de Toulouse 793 à 1173


C’est vers l’an 800, après les invasions barbares et le passage des Sarrasins, que les habitants se regroupèrent pour se constituer en village. C’est à cette époque que fut créé le Comté d’Orange par un personnage semi légendaire : Guillaume au court Nez, compagnon de Charlemagne. 

Au 10ème siècle, Orange et Gigondas faisaient partie du marquisat de Provence. On appelle dans les actes, «Château de Gigondas», la grande tour construite sur le piton sud du village actuel et dont il ne reste qu’un éperon de pierres, des emplacements d’escalier et d’étage, car détruit sur ordre de Louis XIV.

Vers 1120, Rostang III, évêque de Vaison, donna à son église cathédrale, un manse qui comprenait une vigne sise à Gigondas près de l'Ouvèze. Il le fait en ces termes :

« Petro vero Alberto Gigundatis pro vinea quoe sita est juxta viam publicam est inter (... otam)) episcopalem et fluvium Ovicœ solidis ordo dedit. »

C'est l'acte le plus ancien confirmant l'existence d'un vignoble sur ce terroir.


En1150, le dernier de la dynastie des Adhémar (fondée par Guillaume) obtint le titre de prince avant de passer la main à la famille des Baux

    Famille des Baux 1173 à 1393

    Famille de Chalon 1393 à 1530

    Famille de Nassau 1530 à 1703

    Famille de Conti 1703 à 1731

En 1731, après le traité d'Utrecht en 1713, par un échange fait entre le Roi de France Louis XV et le Prince de Conti, la Principauté d'Orange est définitivement incorporée au Domaine Royal par acte du 29 mai 1731.


La principauté d'Orange

Gigondas est l’une des communes qui pendant près de huit siècles formèrent la principauté d’Orange, de 1150 jusqu’en 1731

La principauté, d'une superficie d'environ 180 km2, était constituée d'une bande étroite, orientée d'est en ouest et allant du Rhône aux Dentelles de Montmirail.

Elle comprenait les communautés d'habitants suivantes :

Causans (aujourd'hui, partie de Jonquières), Châteauneuf-de-Redortier (aujourd'hui, partie de Suzette), Courthézon, Derboux (aujourd'hui, partie de Mondragon), Gigondas, Jonquières, Montmirail, Orange, Suzette, Saint-André-de-Ramières (aujourd'hui, partie de Violès) et Violès.

Il faut attendre le XIVe siècle pour connaître l'évolution de ce vignoble, fief des Princes d'Orange. Un de ceux-ci, Raymond V des Baux, en juillet 1341, tout en se réservant les droits de haute et basse justice, accorda aux Gigondassiens certaines libertés contre un droit de vingtain sur le vin de ce terroir pendant sept ans.

En 1376, au lieu-dit « Les Bosquets », les registres notariaux indiquent l'existence de « vinea culta » ; puis ceux des notaires d'Oussan, dans un acte daté de l'an 1380, font état de vignes qui couvraient un territoire descendant de la chapelle Notre-Dame des Pallières jusqu'à l'Ouvèze.

Renaissance

Tout au long du XVe siècle, les mêmes registres indiquent que le vignoble s'étendait alors des « Garrigues » au « Trignon », en passant par la « Beaumette » et la « Coste de Saint-Cosme ».

En 1563, Gigondas fut pris par les calvinistes.

Au siècle suivant, la Communauté rédigea ses statuts et les approuva le 14 novembre 1591. L'article 45 intitulé « De ceux qui vendent du vin en gros qu'ils en vendent aux autres habitans » indique avec précision les conditions de ce négoce :

« Toute personne qui voudra vendre du vin en gros aux estrangiés sera tenue de vendre aux habitans dudit lieu, à quatrs ou à pichet, pour le prix qu'ils l'auront vendu auxdits estrangiés, à peine y contrevenant, de payer, pour chaque personne et fois XII deniers ; et qui aura du vin à vendre, et le vendra aux habitans en gros, sera tenu de le vendre à tous habitans, à quarts ou à pichets, pour emplir ses tonneaux, au prix qu'il l'aura vendu en gros pour ouiller lesdits tonneaux, à peine de contravention pour le regard des habitans de payer II sols applicables. »

L'année suivante, cet article fut repris en faisant, cette fois, expressement mention du vin blanc. C'est un des rares textes faisant mention de ce type de vin sur le terroir gigondassien.

Époque moderne

En Septembre 1791, l'Assemblée nationale constituante française prit, sur la proposition du député Armand-Gaston Camus, un décret portant « incorporation à l'Empire français des « deux États réunis d'Avignon et du Comtat Venaissin ».

En juin 1793, la Convention nationale française prit un décret « relatif à la formation d'un 87e département, sous la dénomination de département de Vaucluse ».

Le département de Vaucluse fut ainsi définitivement constitué par la réunion de la cité-État d'Avignon, de Comtat Venaissin, incluant l'enclave des papes dans la Drôme devenue le canton de Valréas, les principautés d'Orange et de Mondragon, la viguerie d'Apt et le comté de Sault.

Le nouveau département se vit supprimer cinq évêchés sur six : Carpentras, Cavaillon, Apt, Orange et Vaison, seul resta l'archevêché d'Avignon.

Le pape Pie VI, sous la menace d'invasion des autres États de l'Église par les armées françaises menées par le général Bonaparte, signe le traité de Tolentino, le 19 février 1797.

Le blason:

D'azur à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces d'argent, au chef d'or chargé d'un cornet du champ, virolé aussi d'argent. D’or, au cor d’azur en cœur, virolé et enguiché de gueules.


A voir à Gigondas et dans les environs

Le château féodal et ses remparts

D’une longueur de 550 mètres, de 5 à 8 mètres de hauteur et d’environ 1,50 mètres de largeur à la base, les remparts du village ont été construits au Moyen Age.

Le château de Gigondas fut le siège de la résistance des catholiques, vaincus par les calvinistes menés par le Baron des Adrets en 1563. En 1678 il fut transformé en hospice, puis en école et finalement abandonné au début du XXe siècle. Une moitié seulement du bâtiment est encore visible et dégagée, le reste étant incorporé dans des constructions plus récentes.

Il est difficile de comprendre la disposition du château qui n’était pas un lieu de résidence mais plutôt une place forte. 

Il reste plusieurs salles voûtées, mais de petites dimensions. Dans l’enceinte des remparts, trois ou quatre maisons très anciennes présentent encore des éléments tels qu’encadrement de portes d’entrée ou des fenêtres, plafonds... qui témoignent d’une opulence certaine et qui ont dû appartenir à des notables.

L’ église primitive

L’ église primitive était dédiée à Ste Catherine d’Alexandrie et dotée par Raimbaud I. En 1563, les soldats calvinistes ne pouvant s’en prendre aux habitants en fuite, ils s’attaquèrent à l’église qui fut reconstruite probablement au début du XVIIIe siècle.

siècle (façade et pose de l’horloge du beffroi). En 1755, l’horloge solaire fût placée à l’est sur la corniche et ce n’est qu’en 1854 (date inscrite) que la statue de l’Immaculée fut installée dans une niche. La toiture repose directement sur la voûte à trois travées et le sous-sol contient de nombreux tombeaux et cavités. 

La chapelle St Côme et Damien

Sise au départ de la route vers «les Dentelles de Montmirail», de construction romane classique du 12ème siècle, la chapelle St Côme et Damien remplacerait un édifi ce du 7ème ou 8ème. 

On suppose qu’il s’agissait de l’église d’un cimetière attenant et que sa construction n’a peut-être jamais été achevée. 

Nationalisée à la révolution, elle fut achetée par le voisin, Denys Fort, qui la rendit au culte en 1836 (année de l’aménagement du transept en chapelle). Cet aménagement fut suivi de la restauration intérieure en 1927 sous l’impulsion de l’Abbé Labrousse. En 1964, grâce à l’aménagement extérieur de la chapelle, des sépultures furent mises à jour. La fi n des travaux se matérialisa par le colmatage des brèches en 1970 et la pose de vitraux historiés en 1974.

La Tour Sarrasine

La Tour Sarrasine est un édifice datant du 12ème siècle, c’est un ancien poste de garde d’un chemin de montagne.

Le monastère de Prébayon

Le monastère de Prébayon est la première construction du couvent date du 7ème siècle. Prébayon fut abandonné en 962 suite à la destruction des bâtiments par une crue du Trignon. Les religieuses se réfugièrent alors au Domaine St André les Ramières. Fermé sur ordre de Louis XIV, ce magnifique domaine devint la résidence campagnarde des Evêques d’Orange dont le dernier, Mgr du Tillet, y faisait volontiers de longs séjours jusqu’à la révolution  où il fut alors vendu comme bien national.

Les Sources thermales

Analysée au XVIIIe siècle, l’eau sulfurée de Montmirail était surtout riche en sulfures et en sulfates de calcium, de magnésium et de sodium. En 1875 un vaste établissement est construit. Les eaux de Montmirail connurent leur plus grande vogue à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème. 

La station est maintenant fermée depuis plus de cinquante ans et son bâtiment tombe en ruine. 

Gigondas d’Hier et d’Aujourd’hui, association créée en 1983, s’est donnée comme but la sauvegarde et la restauration des témoignages du passé de notre commune et la mise en valeur des lieux restaurés (aménagement en 1994 du «Cheminement de Sculptures» exposition permanente dans le haut du village).

Le vin de Gigondas (rouge et rosé) est classé grand cru AOC depuis 1971. La vigne trouve ici son terrain de prédilection de par la constitution du sol, des particularités de son climat, de sa situation en coteaux et de son exposition.

Sources:

- site des communes du Haut Vaucluse

- site chateauneuf.dk

- Gigondas sur Wikipedia

- Le Comtat Venaissin sur Wikipedia

- La principauté d'Orange sur Wikipedia

- livre Département du Vaucluse, Dictionnaire des communes, Jules courtet, éditions Res Universis.



Posté le 29-12-2012 22:28 par Jimre


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