Montpeyroux

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2025 Montpeyroux

À l’époque moderne, le Castellas et son environnement sont achetés par la municipalité en 1794.

En 1843, l’abbé Albe, natif de Montpeyroux, engage des travaux au château. Il voulait bâtir un oratoire dominant le village. Sans attendre l’avis des autorités nationales, mais avec l’appui du préfet, il fait construire un site charitable composé d’un chemin carrossable, d’une chapelle monumentale dédiée à Notre-Dame-de-la-Salette, de deux citernes et fait dresser une statue visible de très loin.

Le 22 novembre 1864, le maire et les consuls donnent à l’unanimité un avis favorable au projet de l’abbé. Par testament, le Castellas revient à ses héritiers, la famille Poulaud. C’est cette famille qui conserve le château pendant 52 ans.

Selon les vœux testamentaires de l’abbé, le château sert d’orphelinat de jeunes filles, jusqu’en 1913.

En 1937, les héritiers cèdent toutes les possessions du Castellas à Monsieur Élie Carrière, curé de Montpeyroux. Celui-ci fait consolider la chapelle qui résiste quelques années à la ruine, mais il trouve la mort en 1940, lors de l’écroulement du deuxième étage de l’orphelinat.

C’est alors Massol Marcel, son principal héritier, qui prend sa succession. Avec lui, des démolitions intérieures ont lieu, avec une récupération des pierres taillées.

En 1943, les remparts sont classés au titre des Monuments historiques.

Depuis 1983, le Castellas est la propriété du Département.

En 2010, des travaux  de mise en sécurité ont été faits afin de sauvegarder les éléments architecturaux importants, comme l’enceinte constituée de murailles défensives des XIIe et XVIe siècles ainsi que ses  trois tours.

Des documents de 999 et 1097 mentionnent qu’il y eut une fortification sur la colline surplombant Montpeyroux, mais les premières réelles informations proviennent du Cartulaire d’Aniane en 1212. La configuration du castrum y est évoquée. Ainsi, le document décrit la muraille extérieure, la barbacane, une poterne, plusieurs maisons dont deux appartenant à la noblesse, un chemin pavé entre deux portes et une place. Un document de 1213 nous apprend également l’existence d’une tour.

Historiquement, on pense que la construction du Castellas remonte à Bernard d’Adiciano, vers 1070. Symbolisant l’indépendance seigneuriale, le château sert à établir les limites du territoire.

L’implantation de la forteresse explique sa fonction. En effet, le premier but du  château est de servir de caserne perchée afin de surveiller étroitement l’agglomération d’Adiciano. À cette époque, dix seigneurs copossesseurs sont cités. Cependant, le seigneur privilégié était Pierre Ermengaud de Raymond.

Les familles seigneuriales principales qui se sont succédé jusqu’au XVe siècle sont : les Raymond-Mandagot et les Roquefeuil. D’après l’étude d’Aline Durand, le château de Montpeyroux ne s’est jamais dissocié de l’église, ce qui est assez énigmatique pour un castrum. Selon le cartulaire d’Aniane de 1212, il est patent que les seigneurs, dès le XIe siècle, rendaient régulièrement hommage aux abbés d’Aniane et avaient la reconnaissance des fiefs. Ainsi, on sait que Pierre Raymond reconnaissait tenir son fief du monastère.

Au XIIIe siècle, avec l’achat des privilèges de 1249, le château perd son caractère de seule demeure seigneuriale. Durant la guerre de Cent Ans, le Castellas est partiellement détruit par les Anglais.

Il est consolidé sur ordre du dauphin, futur Louis XI, à la fin du XVe siècle. Cependant, c’est à cette époque que le seigneur privilégié, Philippe des Deux Vierges, l’abandonne pour un nouveau château plus confortable, situé dans le Barry.

S’il n’est plus la demeure seigneuriale, le Castellas continue d’être un lieu de refuge pour les populations et leurs troupeaux. Pendant les guerres de religion, les protestants l’occupent, mais en 1567, le catholique maréchal de Joyeuse prend le fort.

En 2010, des ruines présentes dans l’enceinte ont été démolies avec l’autorisation de l’Architecte des Bâtiments de France. Ces dernières provenaient de l’établissement religieux construit en 1863 (incluant la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette) qui avait malheureusement effacé les traces des bâtiments plus anciens.

Les vestiges du premier enclos fortifié du château sont encore décelables et permettent de donner une idée de l’épaisseur des murs. Les matériaux employés sont le calcaire local et la dolomie comme liant de la chaux. L’appareillage horizontal des murailles suit les courbes de niveau et présente au nord une constitution en arête de poisson.

De nos jours, il ne subsiste donc du Castellas que les trois tours et des restes de rempart dont la partie nord a gardé ses créneaux qui datent des guerres de Religion du XVIe siècle.

Des transformations architecturales ont modifié, au cours des siècles, certains aspects des courtines.

Ainsi, aucune archère n’existe dans l’épaisseur des merlons et les trois tours de plan barlong ne comportent aucune ouverture en meurtrière vers l’extérieur.

Malgré les diverses modifications subies au cours de son histoire, le Castellas a su garder son essence médiévale faisant du site de Montpeyroux un important témoin des lieux de pouvoir et de fortification existant en Pays Cœur d’Hérault.


Source:
- capechblog.wordpress.com

Posté le 20-12-2025 16:03 par Jimre

Montpeyroux

Un article trouvé sur Persée et cité en source, ne manquez pas d'aller faire un tour sur ce site 8;-))

L'opinion commune admit longtemps que le Castelas montrait les restes ou d'un château médiéval, ou de fortifications villageoises médiévales. Il n'en est rien et H. -P. Eydoux s'en aperçut le premier. Ces vestiges intéressent en fait l'archéologie du monde moderne, car ils sont ceux d'un vaste enclos, fortifié du côté le plus exposé par des traverses, corps de garde installés comme leur nom l'indique en travers du chemin de ronde, et par une baie percée de courtes ouvertures pour armes à feu. Sa construction ne doit pas remonter au-delà du XVIe siècle. 

Ce curieux ensemble a été bâti avec les pierres du castrum médiéval de Montpeyroux, dont un texte très important du XIIIe siècle évoque les logis, nobles et non nobles, et la chapelle Saint-Pierre enfermés dans une enceinte munie de portes et poterne. Un castrum dont les traces ont été retrouvées lors du creusement des fondations de Notre-Dame de la Salette, église d'un petit monastère installé au cœur de l'enclos fortifié au début du XIXe siècle. L'émerveillement du commanditaire de la construction devant tous les restes alors momentanément dégagés laisse rêveur... 

H. -P. Eydoux a écrit « Les enclos fortifiés (...) forment un chapitre particulier de notre histoire militaire » ; particulier et bien mal connu. C'est A. de Pous qui la première aborda la question en qualifiant de « corral fort » certaines enceintes englobant de larges espaces dégagés, comme Arsa (Pyrénées-Orientales, canton Sournia) ou Domneuve (Aude, commune Tuchan) , et H. -P. Eydoux prit le relais de cette interprétation pour des monuments comme Saint-Pierre des Clars (Aude, commune Montredon-des-Corbières) ou Montpeyroux. 

Pour lui, ces « enclos-refuges » pour mulets et troupeaux, servaient d'entrepôts, de centres de ravitaillement, voire de marchés. Dans le cas de Montpeyroux, l'importance de la situation du monument est particulièrement nette dans la mesure où la route Lodève-Nîmes croisait dans les parages un axe joignant plaine de l'Hérault et Larzac. 

E. Appolis nous apprend d'ailleurs que le péage de Montpeyroux, encore en vigueur au XVIIIe siècle, était attesté au moins dès le tout début du XIVe siècle. 

Mais la question reste complexe. Un point important à établir est celui de l'existence ou non d'un habitat seigneurial dans l'enceinte en question : à Albières (commune de l'Aude, canton Mouthoumet), Domneuve, analysés par R. Quehen et D. Dieltiens , il semble qu'un « donjon » ait pu servir d'habitation, en même temps qu'était construite aux environs du XVIe siècle une vaste enceinte non flanquée.

A Saint-Pierre des Clars H. -P. Eydoux qualifie un « donjon » là aussi présent de « tour- vigie ». On verrait donc plutôt à l'intérieur de ces bâtiments une possibilité de logement sommaire plus qu'un confortable logis seigneurial. A Montpeyroux on ne note pas de tour ou bâtiment massif contemporain de l'enceinte moderne, à moins qu'il n'ait disparu sous le petit monastère du XIXe siècle. En tout cas la famille seigneuriale de Montpeyroux ne logeait plus là mais dans un château neuf, dont il reste actuellement une tourelle, au hameau du Barry, non loin de l'ancienne église Saint-Martin, première église paroissiale de Montpeyroux. 

Un autre exemple assez proche de vaste enclos fortifié est constitué par le « château » de Ceyras , possédé par un cadet des Clermont, une des principales familles aristocratiques de la région. Situé près de routes importantes, dans une zone de péages, il est apparemment datable par ses bossages du tournant entre XIIIe et XIVe siècles ; un logis est appuyé à l'enceinte, notablement exigu ; mais là aussi les destructions possibles empêchent une analyse très précise. 

Le rôle exact de ces constructions reste donc à cerner plus précisément : l'abri de caravanes, joint peut-être à la perception de péages, dans des zones de forte circulation, sous la garde de quelques hommes d'armes pouvant loger dans un bâtiment permettant éventuellement la surveillance des alentours, sont pour l'instant des hypothèses de travail. L'attribution au début des temps modernes de la plupart de ces enceintes, temps troublé par les guerres de religion, confirme ces directions de recherche. 

H. -P. Eydoux eut, entre autres, un double mérite : non seulement il montra dans ses ouvrages des merveilles architecturales oubliées, mais il alla aussi au-delà du simple attrait esthétique ou des préoccupations d'une histoire de l'art classique, pour attirer l'attention de tous sur des monuments a priori peu spectaculaires, mais très riches d'enseignements sur l'histoire du pays. Il exerçait en cela son métier d'archéologue, métier qui ne se réduit pas, comme le suppose trop souvent le grand public et même, faut-il le dire ? certains professionnels, à la pratique de la fouille. Et il le fit sans discrimination chronologique, pratiquant à l'occasion une archéologie du monde moderne, qui n'a pourtant pas encore clairement sa place aujourd'hui dans tous les esprits. 


Source:
- Journot Florence, Notes sur quelques « monuments méconnus » du Languedoc : Aumelas, Villemagne-l'Argentière, Montpeyroux (Hérault). In: Bulletin Monumental, tome 151, n°1, année 1993. pp. 303-310;
doi : https://doi.org/10.3406/bulmo.1993.3344
Persée: https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1993_num_151_1_3344

Posté le 21-03-2023 13:06 par Jimre

Montpeyroux

D'après le Dictionnaire des châteaux et fortifications du moyen-âge en France, C-L Salch, Editions Publitotal, source fournie par Nano.M que nous remercions, voici ce qui est dit sur Montpeyroux:

"Arrondissement Lodève, commune Gignac, à un km au Nord, dominant le hameau du Barry, ruines du "Castelas". Le château est cité depuis 1097. Une famille apparaît vers le milieu du XIIe siècle; elle fournit un évêque à Lodève entre 1161 et 1187, puis entre 1207 et 1237, un autre à Béziers entre 1209 et 1211...

Au début du XIIIe siècle, d'autres membres de la famille font encore aveu du château à l'évêque de Lodève en 1214 et 1224. Mais au XIVe siècle, il passe aux mains des Mandagout, puis au XVe siècle aux Deux-Vierges."


Note de Rhône Médiéval:

le Rocher des Vierges, que l'on aperçoit de toute la région est aussi appelé "Roc des Deux Vierges"...


Posté le 17-01-2023 20:39 par Jimre

Montpeyroux

Castellas de Montpeyroux - Domaine départemental

Inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1943, le castellas de Montpeyroux était au Moyen Âge un castrum, véritable village entouré d'une enceinte. Il regroupait une résidence seigneuriale, une chapelle dédiée à Saint-Pierre et plusieurs habitations Déserté au cours du XVIIe siècle au profit de l'Adisse, de la Meillade et du Barry, anciens hameaux qui ont constitué la commune de Montpeyroux, le castellas a gardé ses fortifications, plusieurs fois remaniées au cours des siècles. En 1863, un couvent qui abritera un orphelinat, est bâti sur les ruines médiévales. Il est détruit en 1919.

Le conseil général acquiert le domaine en 1994. La restauration de l’enceinte et l'aménagement du site ont été réalisés en 2010 pour permettre une plus large ouverture au public.

Rappel sur le panneau et laissé dans l'article car nous ne pouvons qu'y adhérer:

"Lors de votre visite, nous vous demandons de nous aider à protéger ce lieu magnifique, paysager, environnemental. Nous vous prions de respecter les installations."


On parle de Montpeyroux dans l'article sur Aumelas


Source:

- Panneau présent sur le site


Photos:

- Jimre (2022)


Vidéo:

Nous vous présentons une vidéo de Montpeyroux, tournée lors de notre périple dans cette région.

N'hésitez pas à aller faire un tour dans notre playlist Rhône Médiéval pour voir nos autres vidéos ainsi que sur la playlist "Les Invités de Rhône Médiéval" pour voir des vidéos réalisées par d'autres personnes sur la même thématique...

Si vous voulez voir les vidéos que nous faisons lors de nos déplacements en dehors de cette thématique, la playlist des "Videos de vacances" est également disponible.


Posté le 17-11-2022 17:22 par Jimre