Pontgibaud

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Pontgibaud

Nous mettons en ligne un article trouvé sur internet, réalisé par Elise Neyret et publié le 28 févr. 2026 pour Historia. Bonne lecture 8;-)) :

"Le château Dauphin, situé à Pontgibaud, en Auvergne, appartient à la même famille depuis 1756. Sa propriétaire, Françoise de Germiny, se confie sur l'histoire tourmentée de cet édifice médiéval et sur les travaux qui doivent impérativement être menés pour le préserver, alors qu’une cagnotte vient d’être lancée.

Historia - À quand remontent les origines du château Dauphin ?

Françoise de Germiny - En 1190, Robert Ier, comte d'Auvergne, entreprend la construction d’un donjon rond et massif dominant le village de Pontgibaud, afin de défendre un lieu de passage : un pont sur la Sioule, la rivière en contrebas. L’Auvergne, qui est rattachée à l’Aquitaine, est alors aux mains des Anglais. Le propriétaire de ce premier édifice, qui est également un troubadour, écrit d’ailleurs un poème dans lequel il évoque le fait que le roi Richard Cœur de Lion l’a laissé tomber. En 1213, le donjon est repris aux Anglais par les troupes du roi de France, Philippe Auguste.

Le château connaît-il des destructions durant la guerre de Cent Ans ?

Les Anglais provoquent des dégâts dans la région mais ne s’emparent pas du donjon. Ce dernier appartient notamment à cette époque au maréchal Gilbert III de La Fayette, seigneur de Pontgibaud et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc. En 1438, il obtient la permission du roi pour renforcer les défenses du château. Il fait construire – ou agrandir – un donjon carré massif, accolé au donjon rond.

Il fait également élever sept tours d’enceinte qui jalonnent le rempart – dont six sont encore présentes aujourd’hui. En 1444, le maréchal dote d’une enceinte l’ensemble du village de Pontgibaud, qui comprend alors trois portes imposantes – une seule subsiste de nos jours.

Plus tard, au XVIe siècle, le château Dauphin accueille un hôte célèbre…

En 1581, alors qu’il fait route vers Bordeaux, de retour d’Italie, Montaigne traverse l’Auvergne et fait une halte dans l'édifice. Ses écrits nous informent de ses impressions lors de sa visite : il raconte qu’il a trouvé que « le château n’avait pas autant de beauté que de réputation ». Il faut savoir qu’il l’a visité en novembre, sous un temps épouvantable. La pierre de lave avec laquelle est bâti l’édifice – qui revêt parfois des teintes sombres lorsque la météo est maussade – a dû lui paraître sinistre.

Il décrit également sommairement le jardin potager, qui l’étonne : en effet, celui-ci est en creux, afin d’abriter les légumes du gel. Ces notes sont très utiles, car elles nous renseignent sur l’aspect originel du jardin – aujourd’hui classé au titre des monuments historiques, comme le château et les communs. En effet, nous manquons cruellement d’archives, puisqu’elles ont toutes brûlé pendant la Révolution.

Quelles sont les autres étapes marquantes de l’histoire du château ?

En 1566, pendant les guerres de Religion, il tombe aux mains d’un capitaine huguenot, Mathieu Merle. Puis, au cours du XVIIe, une résidence plus confortable et lumineuse est construite dans la cour basse. Cela signe peu à peu l’abandon et la dégradation du reste du château. Plus tard, en décembre 1792, pendant la Révolution française, les propriétaires sont contraints d’émigrer en Suisse, puis en Italie, à Trieste. Le château est alors vendu comme bien national, morcelé et saccagé. Lors du retour d'exil du comte de Pontgibaud, Joseph Labrosse, en France, celui-ci commence à le racheter, morceau par morceau.

Enfin, durant la seconde moitié du XIXe siècle, le comte César III de Pontgibaud hérite du château. Il s’installe dans ce qu’il reste de la demeure de la cour basse et décide, en 1885, de lancer la restauration de la forteresse, à l’aide de l’architecte Jean Bélisaire Moreau, un élève de Viollet-le-Duc. La maison construite au XVIIe siècle finit toutefois par être supprimée, après qu’un orage de grêle a détruit la toiture. De grandes fenêtres sont percées dans le château et la cour intérieure est couverte d’une grande verrière, ce qui la rend habitable. Elle est ornée de fresques, du sol au plafond, par un peintre italien, qui reprend les symboles du château, comme le dauphin ou l’hermine. Ce décor intérieur surprend souvent les visiteurs, car il tranche avec l’aspect austère du bâtiment depuis l'extérieur.

Dans quel état se trouve le château aujourd’hui ?

D’importants travaux doivent être entrepris. La première tranche va concerner la tour des Clapiers, érigée au XVe siècle, qui prend l’eau. La deuxième portera sur le donjon rond du XIIe siècle, dont on va refaire la toiture, les parements et colmater une fissure, qui daterait probablement d’un tremblement de terre survenu en Auvergne en 1490. Enfin, lors de la troisième tranche, nous devrons nous attaquer au rempart du XVe siècle, fragilisé par deux importantes brèches. Ces restaurations sont estimées pour l’instant à environ 1 million d’euros, même si le coût devrait se révéler encore plus élevé.

Nous avons déjà reçu un soutien de 190.000 euros de la part de la Fondation du patrimoine et nous allons également être accompagnés par la Drac. Mais le montant qu’il nous reste à payer est extrêmement important. C’est pour cela que nous avons lancé récemment une cagnotte – avec l’accord de la Fondation du patrimoine. Grâce à celle-ci, nous espérons pouvoir obtenir 50.000 euros supplémentaires. Toute aide nous est vraiment utile, d’autant plus que les travaux ont déjà pris du retard, notamment en raison du décès de mon mari l’année dernière.

Le château est accessible à la visite pour les groupes toute l’année sur rendez-vous. Pour les individuels, il est ouvert tous les dimanches et jours fériés, du dimanche de Pâques au 1er novembre. En juillet et août, il est accessible tous les jours sauf le lundi. Le château se visite également lors des journées du patrimoine. La cagnotte est accessible en suivant ce lien.

Un musée de la Mine est également ouvert à la visite dans les communs du château. "


Posté le 12-03-2026 10:47 par Jimre

Pontgibaud

L'Auvergne est anglaise, et Philippe Auguste s'apprête à y remédier, lorsque ses comtes, dits "dauphins" (surnom hérité du prénom d'un aieul et habilement tourné en titre de noblesse), élèvent non loin de Clermont le donjon de Pontgibaud. Celui-ci, pris en 1213, leur est rendu sous condition de fidélité. Un chevalier de pontgibaud soutiendra donc Jeanne d'Arc, ce qui lui vaut le droit de munir ses deux donjons accolés, l'un rond et l'autre carré, d'une enceinte dont six tours subsistent. Abandonnée au XVIIe siècle, la place sera restaurée au XIXe siècle. Pour le confort, on y installe l'électricité et pour l'authenticité, on abat le logis Louis XIII masquant la façade médiévale...


Source:

- livre "500 châteaux de France, un patrimoine d'exception" de Josyane et Alain Caissagne, textes de Sophie Bogrow, éditions de La Martinière.


Photos:

- Jimre (2018)


Vidéo:

Une vidéo réalisée par Raoulros sur Pontgibaud.


N'hésitez pas à aller faire un tour dans notre playlist Rhône Médiéval pour voir nos autres vidéos ainsi que sur la playlist "Les Invités de Rhône Médiéval" pour voir des vidéos réalisées par d'autres personnes sur la même thématique...



Posté le 10-05-2020 09:33 par Jimre