Mauguio

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Mauguio

A peu de distance de Montpellier, blottie entre la plaine fertile de l'Hérault et les eaux de la Méditerranée, on peut d'écouvrir le village de Mauguio.

La région de Mauguio est occupée depuis le Néolithique, comme l'attestent plusieurs sites archéologiques dans la plaine et autour de l'étang de l'Or. Les premiers habitants s'installent autour des poins d'eau, développent l'agriculture, la poterie, la domestication des animaux.

Le territoire est alors une mosaïque de petits habitats ruraux.

Au fil des millénaires, cette occupation se poursuit sans interruption, traversant l'âge du Bronze et l'âge du Fer.

La présence de la via Domitia, route majeure située non loin, contribue à intégrer la région dans les réseaux de commerce de l'Antiquité.

La véritable structuration du territoire commence au Moyen Âge avecl'apparrition de Melgueil.

La motte castrale des seigneurs de Melgueil -Mauguio

Le plan actuel du centre-ville a totalement été influencé et déterminé par la construction de la Motte au Xe siècle. Vu du ciel, le centre du village de Mauguio se compose d'un tissu urbain de forme concentrique autour d'une élévation centrale, la Motte. 

Les seigneurs de Melgueil, grâce à leur puissance, ont pu ériger une motte castrale, symbole du pouvoir local.

D'après l'évêque de Thérouanne: "C'est l'habitude des hommes les plus riches et les plus nobles d'amonceler une motte de terre aussi haute qu'ils peuvent parvenir à la faire et de creuser autour un fossé, le plus large et le plus profond possible, d'enclore complétement la motte d'une palissade de planches...dans cette enceinte, ils construisent au centre une habitation ou plutôt une forteresse qui domine l'ensemble"

A Melgueil, la terre de la motte provient probablement à l’origine des étangs.

Par la suite, il a fallu sans cesse ramener de la terre pour maintenir la hauteur de la butte.

Stratégiquement située entre Montpellier et la mer, c'est un véritable outil défensif, édifié au Xe siècle par les comtes de Substantion, futurs comtes de Melgueil.

A l'époque, la Motte est bien plus vaste, 200m de diamètre, et les habitations se trouvent plus bas dans la « basse-cour ». Aujourd'hui, le jardin occupe seulement la partie sommitale.

Au Moyen Âge, la notion de village se renforce avec le regroupement de la population au pied de la motte, attirée là pour des raisons de sécurité, et parallèlement, on peut y voir la reconnaissance d’un pouvoir nouveau. Le seigneur possédant la motte, devient le symbole de la féodalité naissante.

Des fouilles archéologiques menées par Claude Raynaud, Directeur de recherche au CNRS en 1990 ont prouvé que le site de la Motte est organisé pour résister en cas de siège. La trace du fossé qui entourait le site a été mise à jour. Il mesurait 1,60 mètre en sa partie la plus profonde. Plus tard, un mur d’enceinte sera édifié, entourant la motte à sa base. Les archéologues ont également retrouvé les traces de palissades de bois, par empreinte négative.

Au sommet de la motte, le premier château des comtes devait être une simple tour de bois. Il n’en reste malheureusement aucune trace archéologique, les travaux d’aménagement, en 1903, ayant totalement éliminé ces traces.

En effet, le maire de l’époque, Victor Ayme et son conseil municipal, ont décidé en 1902, d’utiliser le relief artificiel de la motte pour y construire le premier château d’eau qui servira à alimenter le lavoir et les fontaines publiques en eau courante.

La tour de guet construite au sommet de la motte permettait d’avoir une vue panoramique et stratégique, entre terre et mer, pour prévenir d’éventuelles attaques.

Elle pouvait servir de lieu d’habitation. Certaines mottes castrales possédaient plusieurs chambres, une salle commune, une cuisine et des réserves dans le bas de la construction.

Les archéologues ont retrouvé un silo servant de réserve, creusé à même la terre.

Les parois du silo étaient arrondies, à fond plat et irrégulier. Etanche, cette fosse contenait des fragments de céramique qui ont permis de dater le site des Xe et XIe siècles.

Les fouilleurs ont également découvert une calade, sorte de chemin pavé de pierres. Mesurant 80 cm de largeur, elle servait à réguler les ravinements causés par les pluies. L’érosion du site préoccupait déjà les hommes de cette époque…

A la fin du XIIe siècle, Beatrix comtesse de Melgueil, fait marier sa fille au futur Raymond VI de Toulouse. Cette alliance avec le puissant comté toulousain semble précéder une phase de construction d'un château beaucoup plus somptueux au pied de la Motte qui verra les comtes quitter leur château de bois au sommet de la motte pour s’installer en contrebas dans un château de pierre.

Le village continue de se développer et s’entoure d’une vaste enceinte à la fin du Moyen Âge.

Celle-ci revêt un caractère défensif, mais symbolise également l’affirmation de la communauté villageoise. Les murailles concrétisent le groupe, ses solidarités et ses représentations.

Le jardin de la Motte

Après son abandon par les comtes de Melgueil au XIIe siècle, la Motte connaît une très longue période d'ensommeillement. Désertée de toute occupation pendant des siècles, ce n'est qu'en 1820 qu'elle est rachetée par la municipalité.

A la fin du XIXe siècle, elle devient le lieu idéal pour créer un jardin public typique des aménagements urbains de cette période. L'architecte A. Goutès en dessine les plans, ainsi que les portails et les grilles de clôture en fonte. A l'image du Square Planchon à Montpellier, du Jardin des Poètes à Béziers, des Buttes Chaumont à Paris, il dévoile un style paysager à la française. L'atmosphère post-romantique est prégnante. Favorisant la déambulation des promeneurs dans un labyrinthe au travers d'éléments en rocailles, le Jardin de la Motte est un incontournable pour la promenade dominicale des habitants de la ville.

Jardin d'agrément symbole de ce nouvel urbanisme qui amène un peu de campagne dans la ville, la municipalité de l'époque investit pour son aménagement et son embellissement, comme un signe extérieur de richesse. L'utilisation d'essences exotiques rend compte de l'esprit colonial qui prédomine entre les XIXe et XXe siècles.

L’église et les halles

La première mention d'une chapelle située sur l'emplacement de l'église actuelle, est faite en 1128. La construction de l'édifice actuel date de 1698. La dénomination officielle est « Eglise de la Présentation de Jésus au Seigneur », du nom de l'un des tableaux situés à l'intérieur.

Elle abrite un triptyque attribué à Antoine Ranc, peintre du XVIIe siècle et classé au titre des Monuments Historiques : « La présentation de Jésus au Temple », « Saint Augustin » et « Saint Jacques ».

Dans la chapelle latérale droite de l'église, une stèle de marbre rappelle l'importance du comté de Melgueil à l'époque médiévale. Les quatre papes représentés : Urbain Il, Gélase Il, Calixte Il et Alexandre Ill ont été, entre 1096 et 1165, les hôtes des comtes et seigneurs des lieux. La cathédrale de Maguelone est alors considérée comme la seconde église après Rome.

Les halles occupaient la largeur de la place, face à l'Hôtel de Ville. Auparavant en bois, elles sont construites en 1860 dans le style des halles Baltard de Paris pour être finalement démolies en 1957. Un marché se tient « sous le couvert » presque' tous les jours. Elles sont le lieu de rencontre des retraités, les voyageurs y attendent le bus et les halles servent d'abri les jours de pluie. Le bal s'y déroule les jours de fête.


Sources:

-Panneaux trouvés pendant la visite

- Guide pratique édité par l'Office du tourisme de Mauguio Carnon


Photos:

- Jimre (2026)


Posté le 17-05-2026 10:59 par Jimre