Saint Maximin

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Maison Racine ou Maison Sconin?

Nous mettons en ligne un article de Quentin Germain paru dans Le Républicain d'Uzès et du Gard (n° 3655 du 12 au 18 Octobre 2017) et une mise à jour parue dans une publication historique plus récente sur Uzès, qui nous en dit un peu plus sur le passé des bâtiments qui s'offrent à notre contemplation à St Maximin. 

Article de 2017:

Des murs chargés de mémoire

À Saint-Maximin, les nouveaux propriétaires de la "Maison Racine" se renseignent volontiers sur l'histoire du lieu et tentent d'établir ses liens réels avec « la grande Histoire".

On devrait l’appeler Maison « Sconin » plutôt que Maison « Racine ». À St-Maximin, les nouveaux propriétaires de l’habitation réputée pour avoir hébergé le dramaturge au milieu du XVIIe siècle tiennent à un minimum de rigueur lors qu’on évoque l’histoire - probable plus qu’établie avec précision- des lieux. 

Le couple qui a acquis la Maison Racine, contacté via l’agence Émile Garcin, souhaite garder l’anonymat. Nouveaux arrivants dans la région, madame et monsieur ont acheté la maison à une famille américaine, qui l’avait conservée pendant près de 30 ans. "Nous avons visité plusieurs maisons en vieilles pierres. L’architecture de celle-ci, sa façade sur tout et son jardin, ainsi que la proximité avec Uzès nous ont convaincus", explique monsieur. L’argument "historique" était un attrait de plus. "On touche là à la grande Histoire", glisse le maître des lieux, qui, depuis un an, se renseigne et tente d’identifier quelles sont les vérités établies parmi les dit-on qui circulent au sujet de cette maison.

Les Deux Indices

Il est tenu pour vrai que Jean Racine, orphelin, a séjourné à Uzès durant sa jeunesse : en attestent notamment ses relations épistolaires. C’est fin 1661 - Racine a alors 22 ans -, que son oncle maternel le fait venir : Antoine Sconin, vicaire général d’Uzès, aurait eu pour projet de lui obtenir un "bénéfice ecclésiastique". Mais pourquoi vivait-il à St-Maxi min ? "C’est apparemment un retrait, qui s’expliquerait par un imbroglio politico-ecclésiastique où l’autorité religieuse faisait face à celle des consuls d’Uzès (représentants de la bourgeoisie, ndlr)", explique le propriétaire actuel des murs. 

Le château voisin était à l’époque en mauvais état et c’est sur une partie de son périmètre que le vicaire général s’est fait aménager l’habitation. Deux indices laissent penser que la "Maison Sconin" actuelle est bien la "fort jolie maison (...), la plus régulière et même plus agréable de tout Uzès" que Racine décrit en novembre 1661.

Le mur Nord, avec sa tour dite « Racine » et sa maçonnerie en opus spicatum - c’est la partie de la propriété la plus photographiée par les passants - est en fait un rempart du XIIe siècle, percé d’une dîme, fenêtre en demi-lune qui servait aux offrandes des administrés.

Un autre indice se trouverait dans une lettre adressée par Racine à son cousin Vitart : "Vous verriez un tas de moissonneurs rôtis du soleil, qui travaillent comme des démons ; et quand ils sont hors d’haleine, ils se jettent à terre au soleil même, dorment un miserere et se relèvent aussitôt. Pour moi, je ne vois cela que de nos fenêtres, car je ne pourrais pas être un moment dehors sans mourir : l’air est à peu près aussi chaud qu’un four allumé", raconte le jeune homme.

Depuis le 2e étage de la maison, le propriétaire actuel montre à la fenêtre que la place des Aires, où le blé était battu, se situe à portée de vue. 

Sconin et Sconin 

Si on se fie à ses relations épistolaires, Racine serait resté moins d’un an à Uzès. Son protecteur, le chanoine Antoine Sconin, fait venir auprès de lui un autre de ses neveux, lui aussi baptisé "Antoine Sconin" (l’homonymie a pu susciter des confusions par la suite) : celui-là est le fils de Claude Sconin et cousin de Jean Racine. Lui que le destin mènera à la fonction de consul, se serait vu léguer la propriété de Saint-Maximin par son oncle, décédé en 1689. 

D’après les documents mentionnés en 1980 lorsque le classement aux Monuments historiques du château de St-Maximin a été sollicité, ce second Antoine Sconin a acquis l’ensemble du château en 1714. 

La "Maison Sconin" actuelle, dissociée du château même si une des pièces supérieures est, de fait, dans son enceinte, comprend une chapelle. Elle était autrefois ouverte sur l’église mitoyenne, que desservait un large escalier. 

Cette disposition a été revue au XIXe siècle lorsqu’il s’est agi de transformer l’église en changeant son orientation. Au rez-de-chaussée de la maison, dont les murs sont larges de plus d’un mètre, subsiste une cuisine ancienne avec sa cheminée et son four à pain. Dans les étages, des plafonds à la française ont été conservés.

Les propriétaires actuels disent leur intention, dans la mesure du possible, d’employer matériaux et savoir-faire traditionnels pour d’éventuelles améliorations : une rénovation des poutres au brou de noix par exemple, ou ailleurs, l’emploi des pierres de Vers et d’Alès. 

Mise à jour parue dans la publication historique la plus récente sur Uzès, et la plus autorisée (Jean Christophe Galant , "La société et les pouvoirs à Uzès aux XVIIe et XVIIIe siècles (1621 - 1972)", Ed. de la Fenestrelle, 2024):

L'auteur confirme (P. 87) "qu'en 1662 le château de Saint Maximin appartient à M. de Thézan et non à Sconin", puis (p.155) que "Antoine Sconin d'Argenvilliers (cousin de Racine et donc autre neveu du Chanoine Sconin - note AL) ... devient le premier maire d'Uzès, en 1693. Il épouse Catherine de Valette et achète la seigneurie de Saint Maximin en 1714".  C'est à partir de 1714 que ce Sconin engage un vaste programme de construction (toute l'aile XVIIIe est construite) et de rénovation.


Remerciements à Mr Langlois qui a bien voulu partager avec nous les sources de cet article et nous a fourni deux photo de la maison "Racine".

Posté le 06-04-2026 11:09 par Jimre

Saint Maximin

Le Castrum Sancti Maximi apparaît dans les écrits dès 1150. Il fut cédé par Louis VII à l'Evêque d'Uzès en 1156.

Le château englobe deux tours carrées d'époque médiévale (datant du XIIe), restes de l'ancien château fort.

En ruines, suite aux guerres de religion, la Seigneurie de Saint-Maximin, qui était détenue par les Thezan de Poujols, fut rachetée en 1653 par le Chanoine Sconin, oncle maternel de Racine. Il fit démolir une partie de l'ancien château qui se compose, actuellement de deux parties distinctes : une aile Est du XIIe et une aile Ouest du XVIIe autour d'une cour intérieure.

Racine dès 1661, écrivait dans les "lettres d'Uzès" que son oncle "y a bâti un fort beau logis...c'est le plus régulier et même le plus agréable de tout Uzès"

Le Château de Saint-Maximin est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.


Source:

- Panneau devant le château

 

Photos:

- Jimre (2024)


Posté le 08-04-2024 09:04 par Jimre