Crest

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Crest

Crest, chef-lieu de deux cantons de l'arrondissement de Die. 

- Apud Castrum Cristam, 1120 (Jaffé: Reg. pontific. roman.). 

- De Cresto, 1144 (Cart. de Saint-Chaffre, 13 ). 

- Cristum, Crestum,1145(Cart.de Die, 33).

- Castrum Cresti, 1157 (Gall. christ., XVI, 104).

– Crista, 1165 (Cart. de Die, 20)

- Crest, 1 187 (ibid., 53). 

- Crest-Arnaut, 1217 (Cart. de Saint-Chaffre, 40). 

- Crest-Arnaud, XIII siècle (Chron. de la guerre des Albigeois: Hist. de Languedoc, V,141). 

- Castrum Criste, 1308 ( Inv. des Dauphins, 219)

- Crista Arnaudi, 1376 (Cart. de Montélimar, 61). 

- Christa Arnaudi, 1426 (Confirm. des libertés mun.). 

- Le Crest-Arnauld, 1447 (Ordonn. de Louis XI). 

- Villa Christae, XVe siècle (Guy-Pape, quest., 63). 

- Cresta Armnandy (sic), 1499 (ann. d'Aiguebelle,I, 559).

- Cresta Arnaudi, 1501 (ibid., 563).

Avant 1790, Crest était une des dix villes du Dauphiné dont les consuls siégeaient à la tête des députés du tiers état, dans les États généraux de cette province. 

C'était en même temps le chef-lieu d'une subdélégation de l'élection de Montéiimar, comprenant 106 paroisses ou communautés, et le siège d'une sénéchaussée, tribunal qui, remplaçant depuis 1447 l'ancienne Cour majeure des comtés de Valentinois et de Diois, Curia major comitatuum Valentinensis et Dyensis, 1404 (arch. mun. de Crest), était composé d'un visénéchal, d'un lieutenant particulier, d'un conseiller et d'un procureur du Roi, et dont la juridiction s'étendait sur 56 paroisses ou communautés.

C'était en outre le siège d'un gouvernement militaire, dit de Crest ville et Tour, comprenant un gouverneur, un commandant et un major.

Cette ville formait une paroisse du diocèse de Die, Capella de Grista, XIVe siècle (Pouillé de Die), dont l'église, originairement dédiée à sainte Marie, ecclesia Beate Marie de Crista, 1192 (Repert. Sancti Ruffi, 88) et, dès 1196, sous le vocable de saint Sauveur, Ecclesia Sancti Salvatoris de Crista, 1196 (Cart. de Die, 57), était depuis 1277 le siège d'un chapitre ou collégiale Ecclesia parrochialis et collegiata Sancti Salvatoris Cristae Arnaudi, 1509 (vis. épisc.), Collegium Sancti Salvatoris Cristae Arnaudi, 1516 (rôle de décimes ), composé en dernier lieu d'un doyen, d'un chantre et de sept chanoines.

Décimateur à Crest, à Lambres et à Divajeu depuis sa création, ce chapitre jouissait en outre, par le fait d'unions successives, des revenus des prieurés d'Espenel,de Saint Moirans, de Célas, de Comps, du Pègue et de Saint-Jean de Crest. Seulement il est bon de dire que, jusque vers la fin du XVIIe Siècle, la partie nord-est de la banlieue de Crest forma une seconde paroisse, d'abord sous le vocable de saint André et ensuite sous celui de saint Vincent.

En fait d'établissements religieux,il y avait encore dans cette ville un couvent de cordeliers, un de capucins, un d'ursulines et un de visitandines.

Crest, dont la fondation n'est pas antérieure au XIe Siècle, fut tout d'abord possédé en franc-alleu par les Arnaud, ses fondateurs, qui la soumirent au fief des évêques de Die en 1145. Il devint ensuite une propriété indivise entre ces prélats et les comtes de Valentinois, qui accordèrent en 1188 une charte de libertés municipales à ses habitants, et qui, ayant acquis en 1356 la part des évêques de Die, firent de cette ville la capitale de leurs états et y établirent dans les premières années du XVe siècle un atelier monétaire. 

Devenu terre domaniale, lors de l'annexion des comtés de Valentinois et de Diois à la France en 1419, Crest fut compris dans le duché de Valentinois, érigé en 1636 pour les princes de Monaco, qui en ont été, à ce titre, seigneurs jusqu'à la Révolution.

En 1790, Crest devint le chef-lieu d'un district ou arrondissement, comprenant les cantons d'Allex, Aoûste, Bourdeaux, Chabrillan, le Plan-de-Baix, le Puy-Saint-Martin et Saillans; mais la réorganisation de l'an VIII en a fait seulement le chef-lieu de deux cantons: 

- le canton de Crest-Nord, qui se compose des communes d'Allex, Aoûste, Beaufort, Cobonne, Crest en partie, Eurre, Gigors, Mirabel-et-Blacons, Montclar, Montoison, Omblèze, Ourches, le Plan-de-Baix, la Rochette, Suze et Vaunaveys;

- le canton de Crest-Sud, comprenantles communes d'Auriple, Autichamp, Chabrillan, Crest en partie, Divajeu, Grâne, Francillon, Piégros-la-Clastre, le Puy-Saint-Martin, la Répara, Roche-sur-Grâne, Roynac, Saoû et Soyans.

Il y avait en 1742, dans la ville de Crest, 75 marchands ou fabricants, et en 1786, 3o marchands, 20 cordonniers, 7 boulangers, 20 cabaretiers, aubergistes ou cafetiers et 11 muletiers.

Reste d'un château démantelé en 1627, et l'un des plus beaux spécimens de l'architecture militaire du moyen âge, récemment classé parmi les monuments historiques, la tour de Crest, après avoir été prison d'État au XVIIIe siècle, et servi de maison de correction et de caserne au XIXe siècle, est devenue depuis peu une propriété privée.

Les armoiries de la ville de Crest sont d'azur au donjon carré ou tour de Crest, d'or, portillée, fenestrée et maçonnée de sable, sur une terrasse de sinople, chargée en pointe d'un C d'argent; au chef d'argent chargé de trois arêtes de coq de gueules.

Celles du chapitre de Saint-Sauveur étaient d'argent au Saint-Sauveur de carnation, bénissant de la main dextre et tenant en la senestre un monde d'azur cerclé et croisé d'or.

Le mandement de Crest Mandamentum de Crista, 1201 (Cart. de Die, 24), avait la même étendue que la communauté de ce nom.

Division du diocèse de Die, l'archiprêtré de Crest 

- Archipresbyteratus de Crista, 1234 (Cart. de Léoncel, 177), 

- Archipresbyteratus Criste Arnaudi, 1450 (Rev. de l'év. de Die),

- L'archipresbyterat de Crest, 1576 (rôle de décimes), dont il est question dès 1187, comprenait les cantons de Bourdeaux et de la Chapelle-en-Vercors; celui de Saillans, moins Aurel; la plus grande partie de ceux de Crest-Nord, de Crest-Sud et de Dieulefit; deux communes du canton de Die et une de chacun de ceux de Chabeuil, de Marsanne et de Nyons.


Source:

- Dictionnaire topographique du département de la Drôme par J. Brun-Durand trouvé sur Gallica.fr


Posté le 05-07-2022 21:37 par Jimre

Crest

La vallée de la Drôme permet de pénétrer de celle du Rhône vers le centre des Alpes. A une vingtaine de kilomètres au sud-est de Valence se dresse un formidable donjon rectangulaire, haut de 45 mètres, reconstruit au XIVe siècle sur une souche du XIIe siècle.

Il jaillit au bout d'une crête dominant d'un côté la ville et la vallée de la Drôme, de l'autre les premiers glacis annoçant le Vercors.

La vue s'etend à son sommet, de part et d'autres, sur plusieurs dizaines de kilomètres. Le donjon est assez vaste(32mx20m) pour constituer à lui seul une forteresse et une résidence.

Sa face nord orientale aveugle présente aux plateaux voisins un mur bouclier dépassant le sommet du donjon.

Source: "L'évolution des châteaux forts dans la France au Moyen-Age" par André Chatelain.

Posté le 27-01-2013 18:57 par Jimre

CREST

Disputée depuis le XIIe siècle entre l’évêque de Die et le comte de Valentinois, la ville de Crest  doit sa célébrité à la tour imposante qui domine la ville. Son blason en témoigne : « D’azur(bleu) à la tour de Crest d’or, maçonnée et portillée de sable( noir), posée sur une terrasse de sinople(vert) chargée d’une lettre C gothique d’or et au chef d’argent chargé de trois E retournés de gueule rouge ».

En réalité, la tour que l’on observe aujourd’hui ne représente qu’une partie, la plus monumentale, d’un ensemble de trois châteaux qui se succédaient sur la crête du rocher qui contrôle l’accès de la Drôme, au débouché des montagnes.

Ils furent construits et démantelés entre le XIIe et le XIVe siècle au rythme des conflits médiévaux.

Le siège le plus célèbre eut lieu encore une fois durant la croisade contre les Albigeois en 1217 : le comte de Valentinois, allié du comte de Toulouse, dut capituler devant les troupes de Simon de Montfort.

La réunion en un seul château est due aux comtes de Valentinois, devenus les seuls propriétaires au milieu du XIVe siècle.

La tour « vieille »parce que la plus ancienne et la seule au XIIe siècle, et la tour Croton, reposaient directement sur le rocher. A l’est et appuyée sur le mur bouclier fut construite la tour « Neuve ».

Les comtes de Valentinois englobèrent ces trois tours dans une seule muraille et l’ensemble fut surélevé en plusieurs phases.

Le résultat en fut une formidable forteresse, la plus importante entre Rhône, Alpes et Méditerranée.

Sa principale fonction était de servir de coffre-fort aux réserves vivrières du comte. Un four banal ainsi qu’un moulin banal y furent recensés au début du XVIe siècle lorsque le comté de Valentinois et de Diois est définitivement rattaché à la couronne de France.

Seule la tour a échappé à la démolition ordonnée par Louis XIII et Richelieu ? en 1633.

Utilisée seulement comme prison par la suite, elle a enfermé les protestants pourchassés par la révocation de l’Edit de Nantes(1685) ainsi que divers prisonniers, victimes de l’arbitraire royal.

Après la Révolution, y séjournent déserteurs, bandits ou émeutiers, ces derniers particulièrement nombreux à la suite de l’insurrection de 1851 contre Napoléon III. Sur les murs, de nombreux graffitis témoignent de ce sinistre univers carcéral à l’abri de ces puissantes murailles.


Source:

"Les châteaux de la Drôme, Fortifications et palais", éditions Le Dauphiné.


Photos:

- Jimre (2013, 2017, 2020)

- Photos du château, création artisanale en tuile canal réalisée par DBourry (2020)



Posté le 29-01-2012 12:36 par Jimre