Neyran

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Neyran

Le site castral de Neyran et le pont médiéval

Ce site archéologique, au sommet du "serre" (colline) de Neyran, fut habité depuis la fin du Xe siècle jusqu'à la fin du XVe siècle.

Il est composé :

- du pôle castral dont l'occupation s'est échelonnée du XIe au XVe siècle ; certains éléments de fortifications (tour, enceinte) ainsi que plusieurs habitations semi-troglodytiques sont encore visibles.

- d'un pôle ecclésial avec les vestiges de la chapelle Saint-Pierre de Neyran du XIIe siècle et du clocher du XIIIe siècle,

- d'un pôle seigneurial occupé au cours des XIIIe et XIVe siècles.

A l'époque moderne et jusqu'au milieu du XXe siècle, ce promontoire était couvert de Vignes bénéficiant de l'exposition plein sud. Depuis, elles ont cédé la place aux chênes verts.

L’un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, celui d'Arles à Toulouse, longe le site de Neyran et permet de découvrir les vestiges de ce village abandonné. Dans la vallée, pour franchir la rivière, la Mare, les pèlerins empruntaient le pont médiéval qui est sous vos yeux.

La demeure, derrière vous, possède la dernière terrasse du village couverte en lauzes,

Dès la fin du XIXe siècle, le sous-sol de cette maison était équipé d'une turbine alimentée par un astucieux système hydraulique qui fournissait l'électricité au village.

Hameau nord-ouest: Un habitat seigneurial tardif

Encore bien conservés, ces quelques bâtiments forment, au sein du site de Neyran, un petit hameau médiéval fortifié (zone 2), d'une superficie d'environ 600 rn2, bien distinct du noyau castral primitif (zone 1) et du pôle ecclésial (zone 3).

L'ensemble est édifié sur une éminence rocheuse de 25 mètres de côté, dont quasiment toutes les parois ont été retaillées en vue d'améliorer la mise en défense du lieu et la sécurité de ses habitants. Outre la qualité de conservation des élévations, cet ensemble architectural présente de nombreux aménagements rupestres encore bien visibles. Ils témoignent de la présence de dispositifs d'accès, de circulation, d'ouvertures, de cloisonnements et probablement de dépendances ou d'autres espaces domestiques plus modestes, élaborés en matériaux périssables.

Isolé, tout en étant proche et lié au castrum, ce hameau se compose de plusieurs structures bâties, organisées en deux entités autonomes séparées par une androne, terme occitan désignant une petite ruelle entre deux maisons où tombe l'évacuation des toits.

Ces parties, l'une à l'est et l'autre à l'ouest, réunissent plusieurs édifices comprenant chacun de grandes pièces et des espaces plus fonctionnels dédiés au stockage ou à l'exploitation agro-pastorale.

Implantée en bordure nord-est, une citerne permet d'assurer l'autonomie en eau des occupants.

Le mobilier, mis au jour lors de fouilles archéologiques, laisse supposer que ce pôle d'habitat était un lieu de vie relativement aisé et privilégié occupé entre le second tiers du XIIIe siècle et le milieu du XIVe siècle.

Cela confirme l'hypothèse d'une « maison forte » ou « maison noble » transposée à distance d'un castrum devenu exigu, et sans doute déjà sur le déclin, quelques décennies avant que les derniers seigneurs ne quittent définitivement Neyran.



Sources:

- Panneaux présents sur le site écrits sous la direction d'Isabelle Commandré, de Franck Martin et Vivien Vassal, archéologues.


Photos:

- Jimre (2022)

Posté le 17-11-2022 17:23 par Jimre