Brion

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Brion

Le château de Brion

Il est mentionné pour la première fois dans la documentation médiévale à la fin du XIe siècle. Sa fondation s'inscrit dans le vaste mouvement de construction de châteaux qui affecte tout l'Occident dès le début du Xe siècle, après l'effondrement de l'empire de Charlemagne.

Au début du XIe siècle, le bassin de la haute vallée de l'Eyrieux est entre les mains d'une puissante famille, les Chapteuil, originaire du Velay oriental. Les Chapteuil sont à l'initiative du château de Brion qu'ils construisent aux environs de l'an mil. 

Une branche cadette de la famille de Chapteuil s'établit définitivement au château de Brion et reste seigneur de celui-ci jusqu'à la fin du XVè siècle. Au XIIIe siècle, elle prend d'ailleurs pour nom « de Brion ».

Note de RM: il existe une similitude entre les châteaux de Brion et de Chapteuil qui sont tous les deux construits sur un neck basaltique d'origine volcanique. Les constructeurs se sont servis des mêmes roches issues de "orgues basalltiques" trouvés sur place pour construire les deux châteaux...

Un Château fruste

Au regard des vestiges conservés et par comparaison avec d'autres sites voisins mieux préservés, on peut imaginer que le château de Brion comprenait :

- un petit donjon de pierre, implanté sur le point le plus haut du rocher, comparable au donjon de Rochebonne que l'on voit encore aujourd'hui depuis Brion au-delà de l'Eyrieux ;

- un rempart qui enserrait ponctuellement les parties les plus hautes du rocher et, à l'intérieur de l'espace délimité par celui-ci, divers bâtiments à vocation militaire ou résidentielle dont ils subsistent encore quelques vestiges épars.

Au Moyen Age, le village de Brion semble avoir occupé toute la plateforme qui forme l'extrémité méridionale du Rocher de Brion ainsi que les pentes sud-ouest de celui-ci sous forme d'habitats en terrasse.

Le versant nord-est paraît avoir été moins bâti, sans doute en raison de son exposition plus grande au vent du nord ; une carrière d'extraction de blocs de basalte y a toutefois été mise au jour lors des sondages archéologiques.

Un chantier participatif « Pierre sèche » s'est déroulé du 05 au 23 juin 2017 en collaboration avec l'association ELIPS, l'Ecole locale itinérante de la pierre sèche.

L'objectif était de reconstruire une partie du rempart Nord du site et par la même occasion, de former les stagiaires aux techniques de construction en pierre sèche. Les participants ont pu comprendre la pierre sèche, s'initier ou se perfectionner à la technique (mise en œuvre, pose).

Patrimoine patiemment bâti au fil des siècles, les constructions en pierre sèche offrent des paysages exceptionnels. Aujourd'hui encore, la pierre sèche est toujours d'actualité pour ses nombreux avantages techniques, environnementaux et économiques. La pierre sèche est une technique de montage de pierres de tout calibre (ici des prismes basaltiques) se caractérisant par une absence de mortier et de liant. Cette technique constitué un filtre qui assure la régulation et l'écoulement des eaux dans l'ensemble de la structure, réduisant ainsi les effets de la pression hydrostatique.

Construits par des professionnels qualifiés, les ouvrages en pierre sèche peuvent être compétitifs aux ouvrages en bétons en termes de solidité, durabilité, coût et vitesse d'exécution. La construction d'une structure de soutènement en pierre sèche ne s'improvise pas. N'hésitez pas à prendre contact avec le Parc naturel régional des Monts d'Ardèche pour connaître les professionnels qualifiés proches de chez vous.

Vous pouvez télécharger le mémento technique sur le site internet www.pnrma.fr.

Un village fortifié

Le village a été fondé à l'initiative des seigneurs de Brion, sans doute dans le courant du XIe siècle et établi immédiatement sous le château, dans un souci de défense mais aussi, et surtout, sous la pression de l'aristocratie qui souhaite contrôler plus étroitement ses paysans et leurs revenus. À Brion, le village est protégé par un imposant, et peu commun, rempart de pierres sèches, construit à la fin du siècle ou au début du XIIe siècle. On en conserve encore de très importants vestiges à l'extrémité sud-est du site.

Du village même subsistent uniquement les ruines de quelques maisons. Cependant, une courte campagne de sondages archéologiques réalisée en avril 1999 a montré que dans le Sous-Sol, sous quelques dizaines de centimètres de remblai, les vestiges enfouis des maisons du village étaient encore assez bien conservés. Outre des maçonneries, les fouilles ont mis au jour divers objets (poterie notamment) témoignant de la vie quotidienne des habitants de Brion au Moyen Age.

Le village possédait une église attestée dès le XIè siècle. À l'origine simple chapelle, elle devient dès avant le XIIIe siècle une véritable église paroissiale alors que l'église de Jaunac n'existe pas encore.

Un Village abandonné

L'apogée du village de Brion se situe sans doute aux XIIe-XIIIe siècles. Comme tous les villages de ce type en Europe occidentale, le village de Brion est frappé de plein fouet par les crises du Moyen Age finissant. Epidémies de peste, troubles militaires incessants, crises économiques font de la seconde moitié du XIVe siècle et du XVe siècle une période extrêmement difficile pour des villages situés dans des conditions topographiques rigoureuses, à distance des meilleurs terroirs agricoles.

Aux XVIe et XVIIe siècles, et peut-être encore au XVIIIe siècle, il ne subsiste plus à Brion qu'un modeste hameau. L'emprise du village est pour l'essentiel recouverte d'enclos à bestiaux dont on voit encore aujourd'hui les vestiges. Ces enclos ont été construits avec les matériaux provenant de la démolition des maisons du village et du rempart.

Au début du XVIIe siècle, l'église de Brion, alors fort probablement déjà ruinée, est abandonnée. Le siège de la paroisse est transféré à la nouvelle église de Saint-Pierre-la-Pize à Jaunac, et la paroisse de Brion disparaît alors complètement.

À cette date et sans doute déjà depuis le XVe siècle, le château de Brion lui-même est abandonné. À la mort du dernier Brion, Pierre, à l'extrême fin du XVe siècle, la seigneurie de Brion, et surtout tous les droits et toutes les rentes qui s'y attachent, passent successivement entre les mains des familles de Damas, de Lévis, Bayle de la Motte, de Sassenage puis du Bourg de Bosas. À la Révolution, les domaines de la seigneurie de Brion sont finalement fractionnés entre plusieurs propriétaires mettant ainsi un terme définitif à une histoire plusieurs fois centenaire.

Afin de protéger le village, les seigneurs de Brion édifient un puissant mur d'enceinte avec les tronçons d'orgues basaltiques du site dont la mise en œuvre ne nécessite aucun liant. C'est un exemple rare dans le domaine des enceintes médiévales.

La largeur avoisine 1,70 m, la hauteur initiale n'a pu être déterminée, de nombreux tronçons ayant servi plus tard à construire des enclos.

Le rempart est doublé d'un fossé visible en contrebas.

Les fouilles archéologiques et une datation au Carbone 14 prouvent que cette maison du village de Brion a été construite au XIIe-XIIIe siècle. Elle a été abandonnée au XVe siècle, puis soigneusement démontée jusqu'au niveau des fondations, les matériaux étant récupérés.

La maison est appuyée contre le rempart du village du XIe siècle, qui lui sert de paroi de fond. Elle est bâtie en prismes basaltiques jointés à la terre. Sa toiture devait être en paille ou en genêt et le sol en terre battue.

Les objets découverts ici lors des fouilles (poteries, petits objets métalliques, os d’animaux) mettent en évidence la vie quotidienne de la paysannerie à la fin du Moyen Age.

Brion est fondé au XIe-XIIe siècle et sera occupé jusqu'au XVe siècle. Après l'abandon du village, le site est un espace pastoral parsemé d'enclos à bétail, ce sont les murs que l'on peut voir aujourd'hui.

Les fouilles archéologiques ont permis d'étudier les vestiges du site, de préciser le plan, la chronologie et ont révélé des objets enfouis dans les différentes couches laissées par les occupations successives : tessons de poterie, clous, charnières, fragments d’objets agricoles ou artisanaux

Les murs de ces deux maisons orientées nord-sud pour se protéger des intempéries, sont construits en tronçons d'orgue basaltique liés à l'argile, le sol sans doute en terre battue. L'ensemble devait s'élever sur deux niveaux, vraisemblablement couvert de tuiles, de nombreux fragments ayant été retrouvés sur le site.

Une maison appelée « Maison du chemin », située immédiatement en contrebas du château, appartenait à un ensemble plus vaste. Elle était implantée en bordure du chemin qui traversait le hameau de Brion.

Le bâtiment a beaucoup évolué dans le temps. La fouille archéologique entreprise en 2002 a mis au jour de beaux murs datés des XVIIe-XVIIIe siècles. Ils sont construits en prismes basaltiques avec quelques blocs de granit, le tout lié au mortier de chaux.

Les sols étaient aménagés avec un imposant dallage de basalte. Les fondations, plus anciennes, remontent au Moyen Age (XIIe-XVe siècles).

Au moment de son abandon au XIIe siècle, ce bâtiment était couvert d’une toiture de tuiles.


Sources:

- Panneaux présents sur le site


Photos:

- Jimre (2022)

Posté le 17-11-2022 17:21 par Jimre