L'Heuille

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L’Heuille

Château de l’Heuille ou de l’Aiguille

Situation

La Table

Savoie - Arr. : Chambéry

Canton : La Rochette

Dans La Table, prendre la RD 23 qui longe le plateau de l'Huile, en direction d'Etable. A 3 kilomètres, prendre à gauche la route vers le hameau du Defay. Les ruines sont à l'extrémité du plateau, au Pic de l'Huile, à 926 m d'altitude.

Histoire

Sur une excroissance calcaire, ce château émergeait à droite de la pointe, comme une coque de navire. Il défendait l'entrée en Maurienne par le col du Cucheron. Les plus anciens seigneurs connus, après les nobles du Gua et Jean d'Arvillars, qui le céda à Pierre de Morestel en 1258, sont la dynastie des Chabert de Morestel (XIIIe et début du XIVe siècles). Ils avaient des possessions dans toute la vallée d'Allevard-La Rochette, artificiellement divisée entre Savoie et Dauphiné au XIe siècle.

Le dernier des Morêtel eut pour héritier, peu après la guerre du Faucigny, un comte de Seyssel-La Chambre, seigneur de La Rochette en 1356. Dès lors, les deux châtellenies de l'Heuille et de La Rochette se fondirent ensemble petit à petit. Le château n'avait qu'une tour au XIIIe siècle, outre le logis seigneurial dont la salle peinte est signalée. En 1469, quatre tours sont bâties et entourent le donjon primitif. Elles font face à chacune des quatre issues souterraines ou caponnières qui vont du premier fossé au second, sous le gros rempart de 10 m de haut, qui subsistait encore en 1929.

En 1481-82, Grolée de l'Huis, agent de Louis XI y fut retenu prisonnier par le comte Louis de La Chambre, alors gouverneur général de Savoie, au nom de son souverain encore mineur. Mais c'est la guerre de 1597 qui mit en relief l'importance de ce château fort qui va résister plus d'un mois au régiment d'Auriac. Enfin, Lesdiguières lui-même, après avoir emporté le château de Charbonnières à Aiguebelle, se rendit à La Table, dont il brûla l'église. Il fit venir trois canons qui avaient déjà servi contre le château de La Rochette, le port de Châteauneuf, Chamousset et Aiguebelle. « On eut prou peine à faire monter le canon quatre jours durant ». La batterie dura du 1er au 4 août 1597. On tira 70 à 80 coups, sans toutefois faire de brèches, car la muraille était bonne - du schiste taillé à vif- et renforcée par de la terre à l'intérieur. Le 5 août, une capitulation des plus honorables fut conclue. Les assiégés, 39 paysans, en comptant leur commandant, le sieur Bay, défilèrent avec armes et bagages, tambour battant, mèche allumée et balle en bouche.

Lesdiguières fit restaurer la place forte et la conserva jusqu'après le traité de Vervins. II l'occupait encore au traité de Lyon, jusqu'à ce qu'il soit désintéressé par le duc de Savoie qui racheta le château le 1 er mai 1606 à Pierre de Seyssel La Chambre pour 10 000 écus d'or à 7 florins et 10 sous pièce, payables en trois ans sur ses deniers de Milan. Mais, en raison du traité du Brusol, par lequel Henri IV promettait la Lombardie au duc de Savoie, celui-ci résilia l'achat du fort. En 1630, eut lieu un nouvel assaut par le régiment de Rambure, aidé de deux pièces de canon. La garnison, à peine composée d'une compagnie, finit par se rendre. Ce que Lesdiguières avait épargné, Richelieu le fit détruire implacablement : les énormes murailles du donjon, fortes de 3,40 m d'épaisseur gisent depuis en gros blocs qui ont roulé jusqu'au rempart.

Il n'en reste que des ruines que l'on disait hantées par des « esprits femelles » au XIXe siècle.

Le seigneur de Monet (Coise - Saint-Jean-Pied-Gauthier), Jean II de Montchabod, y fut retenu prisonnier.

La chronique locale raconte l'évasion miraculeuse d'un autre prisonnier qui y était détenu en 1496. En effet, le notaire Jean-Baptiste Truchet, après avoir été soumis à la question, y séjournait depuis plus de six mois, chargé de fers dans un cachot. Il implora son saint patron Jean-Baptiste, lui promettant un magnifique cierge s'il recouvrait sa liberté. Ses fers se brisèrent comme du verre, les portes s'ouvrirent d'elles-mêmes et le notaire captif, rendu invisible aux yeux des sentinelles, se laissa glisser avec une corde depuis le donjon. Par la suite, il accomplit son vœu : à une demi-lieue avant Saint-Jean-de-Maurienne, il se traîna sur les genoux vint se prosterner au pied de l'autel, faisant célébrer une messe et offrant un cierge. Puis il consigna par écrit le miracle.

Le château, ou plutôt ses restes, passa en 1783 au marquis de Coudrée. 

Le fief de l'Heuille était très important, il comprenait treize villages. Louis de La Chambre, comte de l'Heuille et seigneur de La Rochette, vers 1480, développa la métallurgie, les filatures et l'exploitation minière sur ses terres. Il fut enseveli en 1505 sous un mausolée de marbre noir aux Carmes de La Rochette.

Description

On peut encore voir des ouvertures de souterrains, deux larges passages couverts aux angles nord et ouest du rempart, des fonds de citerne et les fossés qui semblent de vrais ravins.

Le château mesurait 100 m de long sur 20 m de large, avait la forme d’un quadrilatère, avec deux fossés.

Au XVIIIe siècle, il ne se composait que d’une maison et d’une tour au centre de l’enceinte et au XVe siècle, on lui édifia quatre tours.


Sources fournies par Nano.M: 

-Châteaux et maisons fortes savoyards, Michèle Brocard - Elisabeth Sirot, Editions Horvath.


Photos :

- Nano.M (2022)


Posté le 19-10-2022 17:31 par Jimre